Économie – Social DOSSIER : Alstom Transport à Belfort : encore un avenir ?

Le PDG d'Alstom écrit aux salariés pour confirmer la fin du site de Belfort

Par Blandine Costentin, France Bleu Belfort-Montbéliard, France Bleu Besançon et France Bleu mardi 13 septembre 2016 à 11:58

 Pour le PDG d'Alstom, Henri Poupart-Lafarge, le transfert des activités belfortaines vers l'Alsace est inéluctable.
Pour le PDG d'Alstom, Henri Poupart-Lafarge, le transfert des activités belfortaines vers l'Alsace est inéluctable. © AFP - Eric Piermont

La direction d'Alstom persiste et signe dans son intention de transférer la production de motrices TGV et locomotives d'ici deux ans de Belfort en Alsace. Le PDG du groupe, Henri Poupart-Lafarge, l'explique dans un courrier électronique envoyé ce mardi aux syndicats.

Alors que l'Etat, François Hollande en tête, a sonné la mobilisation générale pour le maintien d'Alstom Transport à Belfort, la direction du groupe affirme sa volonté contraire. Dans un courrier électronique envoyé ce mardi aux syndicats de l'entreprise à Belfort, le PDG Henri Poupart-Lafarge explique pourquoi transférer l'essentiel de l'activité vers le site alsacien de Reichshoffen lui paraît inéluctable.

 Nous avons maintenu une production à Belfort aussi longtemps que nous l’avons pu" - Henri Poupart-Lafarge

Le PDG affirme que le groupe a maintenu une production à Belfort "aussi longtemps que nous l’avons pu", citant les marchés décrochés dans le domaine ferroviaire à l'international, comme le Chine, la Russie, le Kazakhstan, l'Azerbaïdjan ou l'Inde. Mais il précise que les contrats avec ces pays imposent la production du matériel localement et non en France. "Malgré les efforts de tous, il apparaît aujourd’hui impossible d’assurer un avenir pérenne pour les activités du site de Belfort", ajoute le dirigeant. Henri Poupart-Lafarge ajoute que le transfert prévu d'ici 2018 de l’activité motrices TGV à Reichshoffen, "permettra par ailleurs de sécuriser ce site, très fortement impacté par l’arrêt prématuré de la production de trains régionaux". Il y voit aussi un "choix cohérent géographiquement" pour que des salariés terrifortains puissent partir en Alsace.

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 Le site de Belfort est emblématique"

Le PDG reconnaît le caractère hautement symbolique du site belfortain, berceau de la marque et du groupe. "Des générations d’ouvriers, de techniciens et d’ingénieurs se sont succédé dans ses murs et ont démontré, au plus haut niveau, leur savoir-faire". Mais cette usine est aussi pour lui "au centre des difficultés que rencontre le ferroviaire français". Belfort est donc sacrifié pour "préserver les emplois et la position des autres sites du groupe".

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Deux ans pour proposer des solutions aux salariés belfortains

Le patron d'Alstom précise que le calendrier doit permettre de préparer le transfert et la réorganisation "dans les meilleures conditions". "Nous aurons deux ans pour envisager avec ceux qui ne souhaiteraient ou ne pourraient pas déménager, au cas par cas, des solutions alternatives : formation, reconversion, etc."

Le député-maire LR de Belfort Damien Meslot se dit indigné par cette mise au point alors que des rencontres entre élus, représentants de l'Etat, syndicats et direction de l'entreprise sont programmées. Une assemblée générale du personnel est prévue ce mardi à 14h30. Un conseil municipal extraordinaire aura lieu mercredi soir à Belfort. Jeudi, la journée de mobilisation contre la loi travail se transformera à Belfort en cortège de soutien aux Alstom et samedi 24 septembre, une journée ville morte se tiendra à Belfort.

Le courrier du PDG

Damien Meslot : "C'est scandaleux de la part d'Alstom"