Économie – Social

"Le plan de départ volontaire de PSA est un plan social déguisé"

Par Thierry Campredon, France Bleu Belfort-Montbéliard mardi 18 octobre 2016 à 9:02

PSA réajuste ses effectifs
PSA réajuste ses effectifs © Maxppp - maxppp

Au lendemain de l’annonce de 2133 postes chez PSA, Jean-Jacques Chanaron directeur de recherche au CNRS à Grenoble, et spécialiste de l'industrie automobile, estime que PSA a besoin de rajeunir ses effectifs

Pour la quatrième année consécutive, PSA poursuit donc sa politique de suppressions de postes, 2133 exactement l’an prochain, un réajustement des effectifs sous la forme de départs volontaires ou de pré-retraites. Mais pour Jean-Jacques Chanaron, il ne faut pas s’y tromper, il s’agit d’un plan social déguisé : "pour PSA, c’est un effet de style oratoire, car en fait le groupe ne peut plus annoncer de plans sociaux en raison de ses engagements avec le gouvernement, donc on maquille un plan social sous cette forme".

Une volonté de rajeunir les effectifs

Comme ce sont principalement les séniors qui sont visés par ce plan de départs volontaires, et que dans le même temps, PSA promet un millier d'embauches en CDI dans les trois prochaines années, il y a clairement une volonté de rajeunir les effectifs : "il y a un effet de rajeunissement de la pyramide des âges et probablement aussi de compensation de niveau de qualification un peu supérieure à la moyenne avec des jeunes plus qualifiés, et qui coûtent moins chers à l’entreprise qu’un senior moins qualifié". Chez PSA, la jeunesse semble être le maître mot puisque l'an prochain, plus de deux mille jeunes vont entrer dans l'entreprise, via l'apprentissage, des contrats de professionnalisation ou encore des stages.

Une ou deux chaines de montage ?

La grosse inquiétude des salariés de PSA à Sochaux, ce sont ces rumeurs à propos de l'arrêt définitif d'une des deux chaînes de fabrication, une perspective qui pourrait se comprendre en terme de réduction des coûts de production mais qui aurait de graves conséquences sur le plan de l’emploi : "les 2133 suppressions de postes annoncées par PSA ne sont pas liées à une éventuelle suppression d’une ligne de montage, si c’est le cas, on peut craindre le pire car cela veut dire que dans quelques mois PSA pourrait encore supprimer des emplois non qualifiés sur les chaines".

Jean-Jacques Chanaron, directeur de recherche au CNRS et spécialiste de l'industrie automobile

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