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"Le privé va aussi mal que l'hôpital public", estime le président de la polyclinique de Limoges

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Par , France Bleu Limousin
Limoges, France

Comment se porte la polyclinique de Limoges ? Elle s'en sort, grâce à la fusion, estime son nouveau président, le Dr Jacques Détré. L'établissement, qui réunit les cliniques Chénieux, et des Emailleurs, est le 2ème employeur privé du Limousin, derrière Legrand,

Le Dr Jacques Détré, ophtalmologiste, vient de prendre la tête du conseil d'administration de la polyclinique
Le Dr Jacques Détré, ophtalmologiste, vient de prendre la tête du conseil d'administration de la polyclinique © Radio France - Nathalie Col

Le Dr Jacques Détré vient de prendre la présidence de la polyclinique de Limoges, issue de la fusion il y a quelques années des cliniques Chénieux, du Colombier et des Emailleurs. Un ensemble qui est le 2ème employeur privé du Limousin, après Legrand. Il était l'invité de France Bleu Limousin ce mardi à 8h20.

On a beaucoup parlé du malaise dans les hôpitaux publics ces derniers temps. Vous êtes concernés également dans le privé ?

Les cliniques se portent aussi mal, puisqu'il y a une tendance à la baisse des tarifs d'hospitalisation, et ça fait la quatrième année que nous enregistrons une baisse d'1,2%, et au total, on doit atteindre 10% ! Nous faisons partie des rares entreprises qui ne décident pas de leurs tarifs, ce qui devient problématique, notamment pour la cohésion sociale. Les gens aimeraient être mieux payés et c'est bien naturel. On a beau multiplier les efforts de productivité, tout a des limites. Les établissements privés sont théoriquement à but lucratif, mais ça fait un moment que les marges sont tellement réduites qu'on cherche surtout à limiter le déficit.

C'est d'ailleurs pour cela qu'il y a eu une fusion des cliniques à Limoges...

A Limoges, ça a été clairement la condition de la survie. Il y a plus de 20 ans, il y avait 7 établissements. Aujourd'hui, il n'y en a plus qu'un, avec deux sites : les Emailleurs et Chénieux. Et heureusement que nous avons fait cette fusion, parce que je ne suis pas sûr qu'on aurait résisté.

Cette fusion, elle s'est faite dans la douleur... Tout n'est pas réglé aujourd'hui ?

Rien ne se fait facilement. D'abord, il a fallu s'entendre avec le propriétaire de la clinique du Colombier, Elsan, qui est un fonds de pension, et j'avais quelques a priori, qui se sont vite effacés, parce que ce sont des grands groupes qui ont l'habitude. C'est important de garder la main (le groupe Elsan possède 40% de la polyclinique), pour pouvoir définir la politique de l'établissement, pour ne pas avoir des objectifs de rentabilité absolue, mais investir et payer le personnel correctement. Le deuxième problème, c'était la cohésion médicale : c'est pas facile de faire travailler ensemble des médecins qui ont été en concurrence quelques années auparavant. Même les infirmières, les aides-soignantes n'avaient pas les mêmes habitudes et il faut du temps.

Sur le plan immobilier, la polyclinique vient de réaliser une belle opération, avec la vente de l'ancienne clinique Chénieux...

C'est surtout une opération qui se termine enfin. Nous avons mis 9 ans pour vendre, en baissant le prix considérablement. On a vendu à perte. Au Colombier, il y a une promesse d'achat, et on espère que ça va se conclure. On a un peu été échaudés par la première expérience, alors on va attendre avant de se prononcer.

Parmi vos axes de développement, il y a des efforts sur la maternité. C'est une volonté de concurrencer l'hôpital mère-enfant ?

Ah non, il n'y a sûrement pas une volonté de concurrence, mais une volonté de travailler avec l'hôpital. Nous travaillons à maintenir la maternité à son niveau actuel (aux alentours de 1.000 accouchements annuels). Mais elle n'est pas du tout concurrentielle. Aujourd'hui, l'HME ne pourrait pas absorber l'activité des Emailleurs si elle devait disparaître, et l'Agence régionale de santé souhaite absolument préserver la maternité des Emailleurs.

Il y a un travail en complémentarité, de vrais liens ?

Il faut que ce soit des vrais liens dans le respect mutuel. Il y a des liens dans d'autres domaines, en cancérologie beaucoup. Ce ne sont pas deux mondes différents. Nous avons tous été formés à l'hôpital public, et il n'est pas question de nous opposer. Au contraire, il faut nous rassembler pour lutter contre cette dérive de gestion drastique que nos établissements doivent supporter et qui fait que nous risquons de mourir.

Propos recueillis par Nathalie Col.

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