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5000 personnes pour soutenir les Goodyear à Amiens

Par Elodie Touchais et Vanessa Lamarre, France Bleu Picardie et France Bleu mercredi 19 octobre 2016 à 5:00 Mis à jour le mercredi 19 octobre 2016 à 18:20

Manifestation de soutien aux Goodyear
Manifestation de soutien aux Goodyear © Radio France - france bleu picardie

5000 personnes, moins que prévu par la CGT, sont venues manifester ce mercredi à Amiens leur soutien aux ex-Goodyear rejugés pour la séquestration de deux cadres en janvier 2014. Les prévenus clament toujours leur innocence.

La manifestation de soutien aux ex-salariés de Goodyear se poursuit au Parc Saint-Pierre ce mercredi après-midi. Jusqu'à 5000 personnes, moins que prévu par la CGT qui espérait la venue de 10 à 15 000 militants, ont participé au rassemblement. Des mesures de régulation de la circulation et du stationnement ont été mises en place dès mardi soir. Les huit ex-salariés de l'usine Goodyear à Amiens Nord contestent leur condamnation en janvier 2016 par le tribunal de grande instance d'Amiens à neuf mois de prison ferme, condamnation pour la séquestration de deux dirigeants le 6 janvier 2014.

On ne leur a pas dit qu'ils ne pouvaient pas sortir

Appelés un par un à la barre depuis le milieu de la matinée, les 8 prévenus expliquent qu'ils n'ont jamais dit aux 2 cadres qu'ils ne pouvaient pas sortir. Le leader de la CGT de l'usine à l'époque, Mickaël Wamen, raconte avoir alors contenu la colère des salariés. Les témoignages des 2 dirigeants, absents à l'audience, ont été lus. Le directeur du site y exprime sa peur de ne pas sortir vivant ce jour-là.

Jean-Luc Mélenchon présent à l'audience

Présent à une partie de l'audience ce mercredi matin, Jean-Luc Mélenchon (Parti de Gauche), déclare que c'est un moment crucial qui se joue. Pour lui, il y a une "volonté d'intimider les syndicats et en particulier la CGT". Il ajoute que "ce sont les liquidateurs de l'usine qui devraient être dans le box des accusés" et qu'il faut "comprendre qu'il y a un droit de légitime défense sociale". Pour lui, "les syndicalistes ont plutôt calmé le jeu ce jour-là et ce n'est pas juste".

Retenus pendant près de 30 heures

Le directeur de l'usine de pneumatiques et le DRH sont retenus pendant près de 30 heures alors que la fermeture définitive de l'usine Goodyear vient d'être confirmée. La direction du groupe refuse alors de négocier les indemnités de départ des 1143 ouvriers. Ce refus est vécu comme un affront, un affront de plus pour les salariés qui ne se font plus d'illusion. Après sept ans de bras de fer judiciaire avec Goodyear, la fermeture de l'usine d'Amiens est inévitable mais c'est la tête haute qu'ils veulent partir, avec des indemnités de départs décentes.

Sous escorte policière

Pour faire pression sur la direction du groupe : les deux cadres vont être retenus pendant près de 30 heures avant d'être finalement libérés. C'est sous escorte policière qu'ils quitteront l'usine, sous les huées des ouvriers. Les deux dirigeants déposeront une plainte avant de finalement faire marche arrière et abandonner les poursuites.

La séquestration n'a pas été orchestrée par la CGT"

Le syndicat majoritaire dans l'usine Goodyear d'Amiens Nord se défend d'avoir prémédité la séquestration des dirigeants. Pour les huit ex-Goodyear (dont sept sont syndiqués à la CGT) jugés ce mercredi par la cour d'appel d'Amiens, le syndicat a au contraire fait rempart et garantit la sécurité des cadres confrontés au désespoir de ces salariés. Si cette détresse est incontestable pour le procureur de la République, il s'en fait l'écho lors du premier procès en novembre 2015, le magistrat estime que ce n'est pas pour autant aux salariés de rendre justice. Il avait alors requis deux ans de prison ferme dont un an avec suris à l'encontre de chacun des huit salariés.

Relaxe pour les Goodyear"

"Je ne suis coupable de rien , je suis victime d'un système" a réagi Mickaël Wamen qui assure qu'aucun des Goodyear ne franchira la porte d'une prison. "Nous obtiendrons la relaxe" prédit l'emblématique leader CGT qui dénonce une répression syndicale.

Le procès en Appel à débuté à 9 h 15.

Au Parc Saint Pierre près de la gare d'Amiens et du centre ville, des militants attendent le concert de SanSeverino en soutien aux salariés

Mickael Wamen, emblématique leader de la CGT Goodyear est entendu par la Cour

Jean-Luc Mélenchon a assisté à une partie de l'audience ce matin

Une inspectrice du travail décrit les conditions de travail dans l'usine

Sanseverino à la manifestation de soutien au Parc Saint-Pierre

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