Économie – Social

Le projet de fusion des stations de ski des Pyrénées-Orientales abandonné

Par Marion Paquet, France Bleu Roussillon et France Bleu samedi 17 septembre 2016 à 18:40 Mis à jour le samedi 17 septembre 2016 à 9:40

Vue de la Cerdagne
Vue de la Cerdagne © Maxppp - 4 L WORLDPICTURES

La mobilisation contre le projet de fusion des stations aura payé. Les élus abandonnent l'idée de relier entre elles les stations des Angles, de Font-Romeu, Pyrénées 2000, Bolquère et Formiguères.

L'Etat avait pourtant donné son feu vert l'hiver dernier au projet de grand domaine skiable, mais le ministère de l'Environnement a revu sa copie à la demande d'une association d'écologistes, l'association Charles Flahault. Il a estimé que le projet est incompatible avec la charte du parc naturel régional.

Une victoire pour le collectif d'opposition au projet de grand domaine skiable, mené par Christian Blanc : "C'est surtout le retour à la raison, estime l'ancien maire des Angles. Comment des maires et quelques élus ont-ils pu imaginer qu'ils pouvaient s'affranchir des règlements d'un parc naturel. Il faut un développement économique qui intègre la dimension environnementale mais aussi les évolutions climatiques, la stagnation du ski donc il y a une obligation de réfléchir mais pas d'aller dans un projet complètement dépassé, de ski industriel, que même les grandes stations alpines d'aujourd'hui ne poursuivent plus."

Christian Blanc, membre du collectif d'opposition au projet de grand domaine skiable

"100% de notre économie provient de la neige, été comme hiver, parce que si on arrive à bien vivre l'été, c'est parce que l'hiver on travaille, rappelle Jean-Louis Démelin, président de la communauté de communes du Capcir Haut-Conflent et maire de Font-Romeu, qui a cédé à la pression des opposants. Alors si les gens veulent nous empêcher de travailler, on va droit dans le mur."

Jean-Louis Démelin président de la communauté de communes du Capcir-Haut Conflent

"On va crever la bouche ouverte, merci les écolos !" Jean-Louis Démelin, maire de Font-Romeu

"Comment on peut combattre ce lobby écolo ? C'est un truc de fou, on se demande où on va !" s'énerve le président de la communauté de communes du Capcir-Haut Conflent. "Mais on respectera la loi, comme on l'a toujours dit et on ira dans le sens de la loi, c'est tout. Mais il est indispensable que ces stations qui font vivre tout le territoire, puissent continuer à vivre, bon sang ! Pourquoi nous emmerder comme ça du jour au lendemain ? Pourquoi sans arrêt nous embêter ? Nous empêcher de travailler et surtout de vivre."

Jean-Louis Démelin, maire de Font-Romeu

"C'était une hérésie environnementale, économique et sociale." Christian Blanc

Les écolos, un bouc-émissaire facile pour Christian Blanc, l'ancien maire des Angles et membre du collectif d'opposition au projet de grand domaine skiable. Parce que dans la lutte, il n'y avait pas que les associations environnementales d'après lui : "Ça a été aussi les éleveurs, parce que des pacages de montagne auraient été détruits par de nouvelles pistes, ça a été aussi de nombreux professionnels de la montagne, des accompagnateurs, des moniteurs de ski, des scientifiques, des universitaires. Plus de 30 associations ont rejoint le collectif, 4000 personnes ont signé la pétition. Donc voilà, c'était une hérésie environnementale, c'était une hérésie économique, sociale et aujourd'hui le verdict est arrivé et je pense que c'est bien pour tout le territoire. La Cerdagne le Capcir mais aussi pour tout le département."

Christian Blanc, ancien maire des Angles

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