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Économie – Social

Train du futur : le projet Hyperloop suscite enthousiasme et scepticisme à Droux, en Haute-Vienne

jeudi 9 août 2018 à 17:53 Par Jérôme Ostermann, France Bleu Creuse, France Bleu Limousin et France Bleu

La société TransPod va déposer ce vendredi une demande de permis de construire à la préfecture de la Haute-Vienne. Son objectif : fabriquer un centre de développement et d'essai sur l'Hyperloop, la fameux train du futur, sur la petite commune de Droux où les avis divergent.

C'est ici, sur le site de l'ancienne gare de Droux, que la société TransPod souhaite implanter son centre de développement et d'essai de l'Hyperloop
C'est ici, sur le site de l'ancienne gare de Droux, que la société TransPod souhaite implanter son centre de développement et d'essai de l'Hyperloop © Radio France - Jérôme Ostermann

Droux, France

C'est la première étape significative pour ce projet hors du commun. La société canadienne Transpod dépose ce vendredi sa demande de permis de construire à la préfecture de la Haute-Vienne. Objectif ? Faire sortir de terre d'ici fin 2019 son centre de développement et d'essai de l'Hyperloop sur la petite commune de Droux située dans le nord du département entre Bellac et Magnac Bourg. L'idée étant de s'implanter à proximité de l'ancienne gare, sur le tracé de l'ancienne voie de chemin de fer, une ligne droite de plus de 3 kilomètres. 

Une opportunité pour lutter contre le "désenclavement"

Mais comment ce projet est-il perçu à Droux ? Dans cette commune de 418 habitants où la mairie accueille l'agence postale et où quelques restaurants ont survécu à l'école, la tendance semble à l'acceptation du projet Hyperloop. Madame le maire par exemple. Après avoir douté, Madeleine Saillard y est maintenant totalement favorable. "Pour le développement du territoire, le désenclavement, cela peut apporter beaucoup", estime-t-elle. "Ici, nous n'avons ni 2 X 2 voies, ni autoroute. Au niveau des commerçants, des artisans locaux, pour l'hostellerie et la restauration, cela peut être un plus pour leur chiffre d'affaire. Et pourquoi pas gagner en nombre d'habitants ? C'est ce que l'on souhaite éventuellement."

Ici, nous n'avons absolument rien. Ça ne peut pas aller plus mal !"

Son prédécesseur Francis Bottemer s'amuse de voir tous les médias y compris le célèbre journal allemand Spiegel, s’intéresser à Droux. A ses yeux, il n'y a rien à perdre tant cette commune rurale est sur la mauvaise pente. "Ici, nous n'avons absolument rien. Dans 30 ans, je pense que ce sera totalement mort ici. Il y a peut-être un tiers des bâtiments qui sont inoccupés, qui sont en train de tomber en ruine. C'est un peu désespérant. Nous avons l'impression d'être totalement abandonnés. Ça ne peut pas aller plus mal. Je pense que l'Hyperloop va peut-être apporter quelque chose. On ne sait jamais. Nous n'avons rien à perdre !"

Romain lui, a son permis de construire en poche. Il habitera Droux dans quelques mois. Son regard est plus sceptique. "C'est un bien pour un mal ! Ça va créer des emplois mais d'ici une dizaine d'années, quand ce sera probablement fini, qu'est ce que ça va devenir ? Ils vont faire des études chez nous, c'est bien, mais après ce sera pour l'étranger. Que vont devenir les bâtiments et la piste d'essai ? Est-ce que cela va polluer ou pas ? On ne sait pas. En quelle matière cela va être fait ? On ne sait toujours pas. Si c'était développé pour rester chez nous, ça irait. Si c'est pour que cela finisse chez les voisins, ils auraient peut être pu le garder chez eux. Il faut voir la suite."

Premiers essais espérés pour fin 2019

A ce sujet, le secrétaire de l'association Hyperloop Limoges Fabien Thibaut, se veut rassurant. "Sur les 5 prochaines années, il y a la première phase qui consiste à valider la technologie. Pas de monter à 1 000 km/h mais valider le freinage, les phases d’accélération ou encore la communication. Ensuite, l'histoire montre que la piste d'essai du TGV existe toujours pour tester les nouvelles rames. L'idée de Transpod, ce n'est pas de faire de ce centre un lieu éphémère. Mais que dans le futur, l'ensemble de ses technologies puissent être testées à Droux. Il n'y aura pas d'autre centre de recherche. Si c'est la piste la plus longue du monde qui va être construite ici, c'est justement parce qu'il faut avoir un centre de recherche qui puisse durer dans le temps."

Après le dépôt vendredi du permis de construire, les porteurs du projet espèrent que les travaux débuteront à la fin de l'année ou au plus tard au début de l'année prochaine. Dans l'idéal, ils aimeraient que les premiers essais débutent fin 2019 sur le site de l'ancienne gare de Droux. Si tel est le cas, ce serait une véritable révolution pour ce territoire rural du nord Limousin.