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Économie – Social

Le redressement judiciaire de l'espoir pour les 1700 salariés d'Ascométal

dimanche 19 novembre 2017 à 5:04 - Mis à jour le dimanche 19 novembre 2017 à 10:01 Par Jordan Muzyczka, France Bleu Lorraine Nord, France Bleu Nord, France Bleu Provence, France Bleu Sud Lorraine et France Bleu

L'entreprise de sidérurgie Ascométal qui emploie 1700 personnes en France sera placée en redressement judiciaire après avoir déposé le bilan en début de semaine. Si l'annonce est vécue comme un choc par les salariés, les syndicalistes se montrent optimistes pour la suite.

L'entreprise de sidérurgie Ascometal qui emploie 1700 personnes en France sera placée en redressement judiciaire après avoir déposé le bilan en début de semaine
L'entreprise de sidérurgie Ascometal qui emploie 1700 personnes en France sera placée en redressement judiciaire après avoir déposé le bilan en début de semaine © Maxppp - PHOTOPQR/LE REPUBLICAIN LORRAIN/GOLINI Maury

Hagondange, France

L' annonce a fait l'effet d'une bombe vendredi 17 novembre, après le comité d'entreprise exceptionnel qui s'est réuni au siège social du groupe à Hagondange. Trois ans après son rachat, le groupe sidérurgique Ascométal va déposer le bilan en vue de son placement en redressement judiciaire.

Près de 550 emplois directs sont concernés en Lorraine (sur les sites d'Hagondange en Moselle et de Custines, en Meurthe-et-Moselle) sur 1700 en France, dont Fos-sur-Mer et Leffrinckoucke. "Dépôt de bilan", des mots que déteste un représentant syndical qui se confie : "Je pense aux salariés qui vont lire ces mots dans la presse et qui pensent que tout va s'arrêter. Alors que ce n'est pas vrai."

Nos carnets de commandes sont pleins. C'est pour ça que nous sommes assez confiants, parce qu'un repreneur, ce qu'il regarde, c'est ça!"- Un représentant syndical de chez Ascometal.

D'emblée, le syndicaliste souligne ce paradoxe, car les carnets de commandes sont pleins. Pour 2017, le chiffre d'affaire serait même proche de l'équilibre pour cette entreprise qui fournit, entre autres Renault, Fiat ou la SNCF. Une situation nouvelle après deux années de baisses, 500 millions d'euros en 2015 et 377 millions en 2016. Alors pourquoi Ascometal se porte mal ?

Des montages financiers qui ont mis à mal Ascometal

Le tournant se situe dans les années 2000, où Ascométal tombera de Charybde en Scylla. "Il y a encore une dizaine d'années, nous réalisions des profits", commente un syndicaliste. Le groupe sidérurgiste appartient alors à l'Italien Lucchin. En 2006, le groupe russe Severstal entre dans la danse et investit dans le capital.

"Puis on a été vendu a un fonds de pension américain..." En 2009, ce fonds Apollo procède à un achat par effet de levier, ce qui signifie que le groupe doit s'endetter.
L' emprunt est d'environ 350 millions d'euros. Une somme qu'Ascométal ne parviendra pas à rembourser.

Chaque année, on devait rembourser 30 millions d'euros d'intérêts de remboursement d'emprunts. Donc, à cause de cela, les investissements dans l'entreprise n'ont pas été réalisés"- Un représentant syndical de chez Ascometal.

Le premier redressement judiciaire en 2014

Arrive 2014. L'entreprise se déclare en dépôt de bilan, et est placée en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Nanterre. Deux mois après, Frank Supplisson, associé à des investisseurs français et européens reprend le groupe. 13 autres offres avaient été proposées au tribunal.

Un rachat critiqué à l'époque par Bruno Le Maire. L'actuel locataire de Bercy dénonçait alors la fragilité du groupe. A l'époque, deux repreneurs sont candidats, mais cette reprise était le moindre mal. " L'autre offre prévoyait l'arrêt du site du Nord. Plus de 400 emplois. Et puis, il y avait des garanties avec Franck Supplisson, celles qu'Ascometal ne soit pas découpée en morceaux puis revendue petits bouts par petits bouts".

Trois candidats européens pour le moment

Cette situation déjà vécue conforte donc les syndicats. "On est optimistes. On ne veut pas parler trop vite non plus". Pour l'heure, trois candidats potentiels, tous Européens, se sont montrés intéressés. Des repreneurs potentiels intéressés d'autant plus si la procédure d'effacement de la dette est engagée.

Mais ce sera au tribunal de grande instance de Strasbourg de trancher, dans un délai compris a priori entre un et trois mois. Et toutes les négociations se feront sous le regard du ministère de l’Économie. Les syndicats ont été reçus jeudi à Bercy qui a promis de suivre ce dossier et d'apporter son aide.