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Le salarié de la Bosch qui a harangué Agnès Pannier-Runacher : "Elle n'a pas fini d'en entendre des colères"

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Par , France Bleu Occitanie, France Bleu

Il y a quelques jours, Agnès Pannier-Runacher, la ministre de l'Industrie, a été prise à partie par des salariés venus protester contre les suppressions de postes annoncées chez Bosch. Parmi eux, un militant CGT, ouvrier depuis 20 ans, qui raconte ce face-à-face hors-norme.

Julien Soulié, chez lui en Aveyron, où il espère bien pouvoir rester.
Julien Soulié, chez lui en Aveyron, où il espère bien pouvoir rester. © Radio France - SM

"C’est quoi le putain de projet industriel en France ? Il n’y en a aucun avec vous, aucun. Vous êtes à la rue, vous êtes un gouvernement de merde. Vous n’apportez rien. Elle est où la relocalisation que vous promettez à tout le monde ? Elle est où pour Michelin ? Elle est où pour Renault ? Que dalle !".

Ces mots font depuis quelques jours le tour du web. Ils ont été prononcés par un militant CGT lors de la venue d'Agnès Pannier-Runacher, la ministre déléguée chargée de l'Industrie, à Rodez. Une visite alors qu’au début du mois la direction de Bosch a annoncé la suppression de 750 postes sur le site d'Onet-le-Château et seulement 500 emplois conservés d'ici 2027.

Il entre à la Bosch et à la CGT en même temps 

Julien Soulié a 41 ans. Il est à la Bosch depuis vingt ans. A la CGT, depuis 20 ans également. Et si ses mots ont fait mouche la semaine dernière, c’est qu’il sent que depuis des années on délaisse l’industrie en France et qu’aucune issue crédible n’est avancée pour la Bosch.  

Juline Soulié dont la colère est également emblématique de celle des autres salariés de l’usine qui produit des injecteurs diesel. Et pourtant il n’est pas particulièrement fier de sa harangue. En fait, cette scène très forte, l’ouvrier la regarde avec beaucoup de détachement. "La ministre n'a pas fini d'en entendre des colères, elle a du mérite d'être venue à notre contact. Elle aurait pu être entourée du maire et du député de Rodez. On ne les a pas vus. Et aujourd'hui on n'a pas de réponse sur ce qu'on deviendra demain."  

Bien sûr il a beaucoup de copains qui lui ont envoyé des textos pour le féliciter du coup de gueule. Mais ce n'est pas le sujet dit-il. Il faut aller demander des comptes eux élus. "Il faut bien se faire entendre. Ce n'est pas elle la ministre qui m’énerve, mais la politique qu'elle représente." Et il veut savoir quelle réindustrialisation on va proposer pour le site. 

Rester en Aveyron 

Car Julien Soulié travaille depuis toujours à la Bosch. "Je suis rentré à Bosch en 2000, à 20 ans, le 14 février. C'est une histoire d'amour. J'ai débuté sur la production des injecteurs pompes. C'est intéressant, mais au-delà de ça, c'est une ambiance. En tout cas, la plupart des gens qui travaillent à la Bosch disent que c'est un peu une seconde famille". 

En tout cas, ce militant CGT sera de toutes les manifs, de tous les combats pour sauver sa boîte. "J'ai signé mon CDI et une demi-heure après j'ai pris la carte à la CGT. C'est comme ça : être fidèle à une idée. Je me bats pour moi, mais aussi pour mes enfants. Aux petits, on leur laisse quoi ? Qui ça ne touche pas ?"

Et évidemment, il ne sait pas bien où il sera dans quatre ans. "Déjà, je ne sais pas où je serai demain. J'espère à Rodez, mais je ne sais pas. J'ai la chance d'être né en Aveyron et l'honneur de pouvoir y vivre. Et je voudrais que ça continue. Car, moi, les grandes villes ce n'est vraiment pas mon truc." 

En 2025, la Bosch prévoit seulement 500 salariés sur le site. L'Aveyron qui va perdre 1000 emplois avec les suppressions également prévues à la SAM. 

  • On reparle de ce dossier avec la ministre délégué à l’Industrie, Agnès Pannier-Runacher invitée de France Bleu Occitanie à 8h08 ce mercredi 24 mars. 
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