Économie – Social

Le sauvetage de l'abattoir de Tilly Sabco et ses 340 salariés

Par Valérie Le Nigen, France Bleu Breizh Izel lundi 24 février 2014 à 16:22

Tilly Sabco Guerlesquin
Tilly Sabco Guerlesquin © Radio France

Le Ciri, le Comité Interministériel de Restucturation Industrielle recevra mercredi matin Daniel Sauvaget, le PDG de Tilly Sabco, l'abattoir de poulets destinés au moyen orient, qui emploie 340 salariés à Guerlesquin dans le Nord Finistère. Vendredi dernier, les salariés ont retenu ( ou séquestré ?) le sénateur Fichet, le député Guenegan Bui et deux conseillers généraux, pour obtenir des aides.

Tilly Sabco est en difficulté depuis l'arret des restitutions, autrement dit les subventions européennes stoppées l'été dernier.

Vendredi,  en retenant des élus dans l'abattoir, les salariés  ont obtenu le paiement rapide de 630 OOO euros ( du chomage partiel du par la Direc et une subvention pour l'atelier Saucisse).  qui permettont de payer les salaires à la fin de la semaine . Un rendez vous à Paris ce mercredi matin a aussi été confirmé. Ce rendez vous était déjà acquis. Le PDG Daniel Sauvaget espère obtenir un prêt obligataire de 4 millions d'euros, autrement dit un prêt garanti par l'Etat.   3, 6 millions servirait à consolider la trésorerie et 400 OOO euros serait alloués à Ecomiam, pour developper l'entreprise. Ecomiam est uen holding dirigée par le fils de Daniel Dauvaget qui gère une chaine de magasins, qui commercialise notamment du poulets congelés.  Or, il se trouve que la somme de 3, 6 millions correspond justement à la somme que l'entreprise Tilly Sabco a prété à Ecomiam .

Mais Daniel Sauvaget a expliqué aux élus du Comité d'Entreprise qu'il n'était pas judicieux que Tilly Sabco récupère cet argent, mais aide plutôt Ecomiam à se developper. Un huitième magasin soit bientôt ouvrir à Nantes.  

Mercredi, Daniel Sauvaget doit arriver à Paris en mettant tout dans la balance, y compris les acifs d'Ecomiam.  Parallèlement, le gouvernement tente de sauver l'ensemble de la filière avicole du secteur grand export. L'idée du gouvernement est demander une solidarité aux céréalisers. Ils reçoivent 6 milliars au titre de la Pac. Or, il faudrait 60 millions d'aides annuelles pour péréniser la filière avicole. 5000 emplois sont en jeu ( Tilly Sabco, eleveurs, Doux...). Selon plusieurs experts, avec 60 millions par an, ils pourraient faire face au problème de monnaie ( euro trop fort) et continuer à être compétitif sur le marché du Moyen Orient. 

A la demande du ministre de l'agriculture Stéphane Le Foll, le préfet de Région organise dans les prochains jours une réunion avec les céréaliers.   On évoque la date de vendredi prochain.  

Un montage financier est aussi en cours pour sauver la filière. Pour avancer les 15 millions d'euros promis par Bruxelle ( l'argent arrivera en octobre), les régions Bretagne et Pays de Loire, ainsi que Sofiproteol, le Crédit Agricole et le Crédit Mutuel se sont mis d'accord. L'argent devrait être disponible d'ici 3 semaines. Ce montage financier pourrait servir de modèle  dans l'avenir pour avancer à nouveau des fonds de la Pac. 

Quand aux méthodes musclées de Tilly Sabco ( casse du portail de la sous préfecture de Morlaix en novembre et élus " retenus plusieurs heures" vendredi 20 février) , il n'est pas certain qu'elles soient utiles pour convaincre les experts financiers du Ciri.