Économie – Social

Le site limougeaud de Renault Trucks Défense bientôt en vente

Par Nathalie Col, France Bleu Limousin vendredi 4 novembre 2016 à 14:59 Mis à jour le vendredi 4 novembre 2016 à 17:35

Un véhicule SHERPA conçu par Renault Trucks defense
Un véhicule SHERPA conçu par Renault Trucks defense © Maxppp - Arnaud Beinat

Le groupe Volvo annonce son intention de vendre son activité de défense. Une branche dont dépend notamment le constructeur Renault Trucks Défense qui compte cinq sites industriels en France, dont celui de Limoges.

Le numéro deux mondial des poids lourds Volvo a officialisé la nouvelle ce vendredi matin, il souhaite vendre son activité de défense qui compte environ 1.300 employés, dont 160 en CDI et des dizaines d'intérimaires sur le site de Limoges. Surpris de cette annonce, les syndicats français s'inquiètent de l'identité du futur repreneur et de l'avenir des emplois concernés par cette cession. Nous ne voulons "pas que cette vente se fasse à des fonds de pension ou des investisseurs étrangers", indique un représentant national de la CFE-CGC, syndicat majoritaire chez Renault Trucks. "Par qui serons-nous repris ? Les sites seront-ils conservés ? Continuerons-nous à bénéficier des avantages de Volvo qui nous vend un certain nombre de pièces ?", ajoute Gilles Broche, délégué CFDT sur le site limougeaud de Renault Trucks Défense.

Et si la nouvelle surprend, c'est au vu de la bonne santé de cette activité baptisée "governmental sales", qui a réalisé un chiffre d'affaires de 500 millions d'euros l'an dernier. Dans un communiqué, Volvo indique d'ailleurs que cette branche a atteint "une position très forte au cours des dernières années avec un développement positif et un livre de commandes record." De fait, Renault Trucks Défense a décroché début 2016 un gros contrat auprès de la Direction Générale de l'Armement pour fournir 450 véhicules blindés aux forces spéciales françaises, dont une bonne partie fabriquée dans l'usine de Limoges. "On a l'impression qu'ils ont bien habillé la mariée avant de la vendre" commente encore Gilles Broche, très sollicité par ses collègues inquiets à Limoges, mais qui n'a beaucoup de réponses à leur apporter pour l'instant.

Reste que l'activité de défense ne représente environ que 1,5% des ventes totales du groupe Volvo et ne ferait pas partie des priorités stratégiques du groupe selon une source interne à l'entreprise. "Un nouveau propriétaire pourrait être mieux placé pour emmener l'entreprise vers une prochaine étape" déclare dans le communiqué Jan Gurander, le directeur financier du groupe. Selon nos informations, une rumeur persistante évoque le groupe Nexter comme possible repreneur. Le nom de Thalès a aussi été évoqué. Les salariés et les syndicalistes attendent un comité d'entreprise extraordinaire prévu le 15 novembre à Gennevilliers, pour en savoir plus.

Actuellement, à travers les trois marques Renault Trucks Défense, Acmat et Panhard, Volvo fournit 90% des plateformes blindées logistiques en service dans l'armée de terre. La France représente 50% de son chiffre d'affaires.