Économie – Social

Le successeur de Mory Ducros, MoryGlobal, placé en redressement judiciaire

France Bleu mardi 10 février 2015 à 18:11

Suite à son rachat par Arcole, Mory Ducros est devenu MoryGlobal
Suite à son rachat par Arcole, Mory Ducros est devenu MoryGlobal © MaxPPP

Le tribunal de commerce de Bobigny a annoncé ce mardi la mise en redressement judiciaire de l'entreprise MoryGlobal, qui compte 2.200 employés. MoryGlobal est l'entreprise née il y a à peine un an des cendres de Mory Ducros, après sa reprise par Arcole Industries. L'entreprise a six mois pour trouver un repreneur.

Les salariés de MoryGlobal ont un répit de six mois : une période pendant laquelle la direction doit trouver un repreneur . C'est la décision du tribunal de commerce de Bobigny, qui a ouvert ce mardi une procédure de redressement judiciaire, après que MoryGlobal s'est déclarée en faillite vendredi. Une décision accusillie par la direction, et une "bouffée d'oxygène pour l'entreprise " selon Michel Ariba (FO)

L'annonce du dépot de bilan, vendredi, a été un coup dur pour les salariés qui avaient survécu au rachat de Mory Ducros par l'entreprise Arcole en février 2014, il y a à peine un an : le nouvel actionnaire avait fait part aux syndicats, en Comité d'entreprise, de son souhait de "ne plus mettre un euro dans l'entreprise " .

"L'entreprise nous a annoncé ce matin tout simplement (...) qu'aujourd'hui on était obligé de demander le redressement judiciaire".  — Eric Martin, représentant CFTC

L'activité peut se poursuivre pendant six mois

En février 2014, Arcole Industries avait accepté de sauver l'entreprise Mory Ducros en redressement judiciaire, mais au prix de 2.800 licenciements. La nouvelle entreprise créée, MoryGlobal, est donc à son tour sur la sellette : 2.200 emplois sont menacés . Mais pour l'heure, en raison de la procédure de redressement, les dettes de l'entreprise sont gelées, et l'activité peut se poursuivre. Une décision qui va permettre de "rassurer les salariés ", selon Jean-Pierre Bizon (CFTC). Un prochain point sur la situation de l'entreprise aura lieu le 7 avril prochain. 

Pour les salariés, "le seul et unique coupable de cette catastrophe c'est Arcole ", explique Eric Martin de la CFTC. De son côté, la direction d'Arcole se défend en avançant deux facteurs : d'une part elle accuse les syndicats et "la réintégration de 200 salariés protégés " ; d'autre part le veto du tribunal de Pontoise qui a interdit la semaine dernière à Arcole de céder 25 millions d'euros d'actifs immobiliers qui "auraient permis à MoryGlobal de couvrir les coûts exceptionnels de reprise, de compenser l'impact financier de la réintégration des salariés protégés et de conforter son plan de financement ".