Économie – Social

Le tourisme durable veut privilégier le social et l'environnement

Par Bixente Vrignon, France Bleu Pays Basque mardi 3 octobre 2017 à 9:10

L'hôtel Erreguina à Banca privilégie les circuits courts pour le restaurants et les contrats longs pour son restaurant
L'hôtel Erreguina à Banca privilégie les circuits courts pour le restaurants et les contrats longs pour son restaurant © Radio France - Bixente Vrignon

2017 est l'année mondiale du tourisme durable pour l'ONU. Il s'agit de privilégier les populations et les ressources locales, mais aussi d'améliorer les conditions de travail des salariés du tourisme

L'Organisation des Nations Unies a décidé de promouvoir la charte rédigée par l'Organisation Mondiale du Tourisme, ll s'agit de privilégier les circuits, de respecter les ressources, les cultures, l'économie locale, mais aussi les salariés. Exemple avec l'hôtel "Erreguina" à Banca. Patxi Bidart gère un hôtel familial de 16 chambres, il s'inscrit dans une démarche de tourisme durable

Ma grand-mère faisait déjà comme ça

Privilégier les circuits, courts, s’approvisionner chez les producteurs locaux, en viande, en légumes, en poissons, pour Patxi Bidart "c'est naturel, ma grand-mère, mon arrière-grand-mère elles pouvaient pas faire autrement. Mon père a continué, donc c'est pas une révolution, même si c'est à la mode maintenant". Quand au volet social, grâce à la rénovation de l'hôtel, qui est passé de 8 à 16 chambres, le jeune hôtelier a entamé une réflexion sur le personnel: "on emploie plus de gens et plus longtemsp: 7 mois au lieu de 3, ça permet de vivre ici plus longtemps sur place et ça aide à faire vivre la vallée et peut-être même, à faire venir de nouveaux habitants à Banca, donc à dynamiser la vallée".

Patxi Bidart: "Les circuits courts, chez nous, c'est naturel!"

Préserver la ressource touristique

Les grottes d'Isturitz et Oxocelhaya, une des rares grottes peintes à pouvoir se visiter - Maxppp
Les grottes d'Isturitz et Oxocelhaya, une des rares grottes peintes à pouvoir se visiter © Maxppp -

La charte pour le tourisme durable est née à l'occasion du sommet pour la planète de Rio en 1992, elle rassemble un certain nombre de principes, comme la préservation de la ressource. L'exemple extrême en est les grottes peintes, par abus de tourisme, la plupart ont dû fermer. Les grottes d'Isturitz et d'Oxocelhaya font partie des dernières qu'ont peu visiter. mais pour cela, la propriétaire Joëlle Darricau, a dû investir 90.000€ dans un éclairage "froid" et limiter le nombre de visiteurs, tout en préservant l'équilibre économique.

Joëlle Darricau: "Nous avons refait l'électricité et le matériel neuf n'engendre plus de pollution ni de micro-algues".

Autre volet, le social: le tourisme durable demande qu'on offre des emplois décents aux salariés du tourisme, mais aussi, moins évident, qu'on privilégie les CDI et les emplois étalés sur l'année. Des groupements d'employeurs comme le GE64 tentent de se pencher sur l'épineux problème. En Pays Basque, le temps de travail saisonnier peut se compléter par des activités saisonnières, par exemple dans l'agro-alimentaire. L'avantage pour le secteur touristique, c'est d'augmenter les compétences dans les métiers de serveur, de commis de cuisine, de femme de chambre, mais aussi et surtout, fidéliser son personnel, avoir la même personne qui revient chaque année.

Laetitia Nivaggioni: "dans le tourisme, la demande est très concentrée"