Économie – Social

Lebarbanchon : l'entreprise cherbourgeoise en cessation de paiement

Par Benoît Martin, France Bleu Cotentin mardi 17 janvier 2017 à 11:24

Benoît Lebarbanchon contraint d'annoncer la cessation de paiement à ses 43 salariés
Benoît Lebarbanchon contraint d'annoncer la cessation de paiement à ses 43 salariés © Radio France - Benoît Martin

Le dirigeant de l'entreprise de peinture Lebarbanchon va signifier ce mardi après-midi au tribunal de commerce de Cherbourg la cessation de paiement de son entreprise. Pour les 43 salariés, il n'existe plus que deux options : le dépôt de bilan ou l'espoir d'une reprise.

Ils sont tous là ce mardi matin, devant l'entrée de l'entreprise Lebarbanchon à Tourlaville. 43 salariés qui attendent leur patron pour faire le point sur la situation de l'entreprise. Les employés sont en grève depuis une semaine, pour protester contre le non paiement de leurs salaires de décembre. "Cette situation est réglée", précise dès son arrivée Benoît Lebarbanchon. "Les salaires ont été versés ce matin même". C'est la seule bonne nouvelle de la matinée.

Le coup de grâce : la perte du contrat Presqu'île Habitat

L'entreprise en redressement judiciaire depuis plus de trois ans fait face chaque mois à d'importants remboursements. Jusqu'à l'automne dernier, la situation était sous contrôle. "Le problème, c'est que nous avons perdu en novembre l'un de nos gros contrat : celui du bailleur social Presqu'île Habitat. Ce contrat donnait du travail à 50% du personnel", explique Benoît Lebarbanchon.

Manque de travail, manque de rentrées d'argent, le patron de l'entreprise a recours au chômage technique en fin d'année 2016. Mais ça ne suffit pas, il n'est pas en mesure de payer ses salariés, d'où la grève de ces derniers entamée en janvier. Aujourd'hui, la situation est claire. "Je n'ai pas les moyens de continuer l'activité", admet le chef d'entreprise, avant d'informer ses salariés de sa décision de se rendre mardi après-midi au tribunal de commerce de Cherbourg pour signifier une cessation de paiement.

En quête d'un éventuel repreneur

L'espoir de Benoît Lebarbanchon, c'est d'éviter que le tribunal ne prononce un dépôt de bilan immédiat. Il compte obtenir un délai, une poursuite d'activité dans le but qu'un repreneur se fasse connaître. C'est aussi l'espoir des salariés prêts d'ici là à reprendre le travail "pour prouver que l'entreprise est viable". Dès mercredi matin, ils seront de nouveau présents dans l'entreprise pour faire le point avec leur patron, sur la charge de travail. Objectif : reprise des chantiers dès jeudi.

Les élus locaux absents jusqu'ici

L'entreprise Lebarbanchon est une société historique à Cherbourg. Elle a compté jusqu'à 120 salariés et risque de s'éteindre après cinq générations. "C'est dur", concède un salarié, "les gens sont âgés, comment retrouver du travail à plus de 50 ans ?". Ici les salariés n'incriminent pas leur patron sur la situation rencontrée. "En revanche nous aurions aimé avoir le soutien des élus locaux, pour l'instant, ils sont absents", regrettent-ils.