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Les agriculteurs mayennais démasquent un étiquetage trompeur chez Fleury Michon

Le président de la FDSEA en Mayenne Philippe Jehan reproche à la marque d'avoir détourné l'image d'éleveurs mayennais en l'apposant sur des barquettes de jambon... origine Espagne ! (avec AFP).

Les agriculteurs s'en sont pris à la marque Fleury Michon (image d'illustration).
Les agriculteurs s'en sont pris à la marque Fleury Michon (image d'illustration). © Maxppp - Jean-Luc Flémal

Dans plusieurs publications sur Twitter, la FDSEA de la Mayenne et la FRSEA des Pays-de-Loire ont reproché ces dernières semaines au groupe Fleury Michon d'avoir apposé un autocollant avec une photo d'éleveurs français sur des emballages de jambon d'origine espagnole.

Les éleveurs français qui ont participé au lancement d'une gamme de jambon d'origine France sans OGM et sans antibiotiques ont eu la désagréable surprise de trouver leur photo de groupe sur l'étiquette d'un sachet qui renfermait du jambon venant d'Espagne, précise Philippe Jehan, éleveur et président de la FDSEA de Mayenne et administrateur de la FNSEA. 

6.900 sachets de jambon concernés

Une rencontre a eu lieu juste avant l'été avec le groupe Fleury Michon, auquel le syndicat a fait part de ses griefs.  "On a eu une concertation avec la répression des fraudes qui diligente une enquête, dont on n'a pas les conclusions encore", a aussi affirmé M. Jehan. 

Contactée par l'AFP, la DGCCRF n'était pas en mesure dans l'immédiat de confirmer cette enquête.  "On peut comprendre que ça ait été mal compris ou mal interprété par les éleveurs qui sont à fleur de peau par rapport aux cours des matières premières", a répondu à l'AFP David Garbous, directeur stratégie innovation du groupe Fleury Michon, qui évoque une "action pour faire la promotion de la filière".  

Une "période de décision" avec la loi Alimentation à rentrée

Selon le groupe, les sachets de jambon incriminés ne représentaient que 1% de la production hebdomadaire de l'usine concernée, soit 6.900 sachets. Pour la FDSEA, la publication de ces griefs vise aussi à "peser sur l'importance de l'étiquetage", dans une "période de décision" avant le vote de la loi Alimentation prévu à la rentrée.

"Le texte, tel qu'il se présente, n'est pas suffisant", a souligné M. Jehan, pour qui "fabriqué en France, ne veut pas dire produit en France" : il cite d'autres produits que le jambon, comme l'aubergine ou le melon charentais.  Il souhaite permettre aux consommateurs "d'identifier le produit français, pas de dire qu'il est meilleur mais permettre aux consommateurs de choisir".  Même chose pour l'enquête réclamée à la DGCCRF, qui doit "faire réfléchir les parlementaires sur l'opportunité de renforcer l'étiquetage", selon M. Jehan.  Le projet de loi Agriculture et Alimentation doit être à nouveau examiné à l'Assemblée nationale à compter du 12 septembre prochain.

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