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Les artisans d'art du Limousin ne peuvent presque plus travailler à cause du confinement

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Par , France Bleu Creuse

Depuis le début du confinement, la plupart des artisans d'art sont privés de revenus, à cause de la fermeture des magasins et de la suspension des stands non-alimentaires sur les marchés. Difficile de tenir, surtout que les aides de l'État ne règlent pas le problème.

Sabine Halm, basée à Saint-Sulpice-la-Feuille, en Haute-Vienne, travaille la dentelle
Sabine Halm, basée à Saint-Sulpice-la-Feuille, en Haute-Vienne, travaille la dentelle - Sabine Halm

"Zéro". Au mois de mars, voici le chiffre d'affaire de Sabine Halm, créatrice textile qui travaille la dentelle. Depuis le début du confinement, tout est à l'arrêt. Les artisans d'art, comme beaucoup d'autres professions, ont vu leur activité stoppée net et leurs revenus s'effondrer.

"J'ai quelques clients parmi les particuliers, explique Sabine Halm, mais la plupart sont des marques, dans l'univers de la mode. Eux aussi ne savent pas de quoi demain sera fait, donc ils attendent et les commandes se sont arrêtées." La boutique est fermée et son activité de formatrice aussi est suspendue. Quasiment aucune entrée d'argent en mars, très peu en avril, Sabine Halm ne sait pas trop ce que l'avenir lui réserve. Elle a touché des aides de l'Etat pour le mois d'avril, elle ne sait pas si elle touchera quelque chose en mai, mais la somme est de toutes façons bien en deçà de son chiffre d'affaire habituel. En attendant, elle a donc lancé une campagne Ulule et elle s'est mise, pour la première fois, à la vente par internet pour tenter de limiter la casse.

Chez Fabienne Gouget aussi, l'attente est devenu le quotidien. "Je travaille un peu, ça permet de faire du stock", explique la Creusoise, installée à Boussac-Bourg. Elle confectionne des peluches artisanales, avec du rembourrage naturel. "Je vends essentiellement sur les marchés et sur les festivals, parfois aussi dans des boutiques éphémères, explique-t-elle. Là, bien sûr, tout est à l'arrêt depuis la mi-mars."

Elle n'a pas l'intention de demander les aides prévues par l'État, aide mensuelle qui peut atteindre 1 500 euros selon le chiffre d'affaire du demandeur. "Je n'ai pas confiance, explique Fabienne Gouget. Tout ça me paraît flou, je ne sais pas comment ça va se passer ensuite, je crains de devoir rembourser quelque chose, ce qui ne ferait que nous causer des problèmes ensuite." Pas de sollicitations des banques non plus, la Creusoise compte sur des économies et un mode de vie économe pour passer cette période de disette. "Avec mon conjoint, on a toujours fait comme ça, confirme Fabienne Gouget. Nous avons un jardin, des légumes, des poules... on s'en sortira comme ça."

Même son de cloche dans la famille Dequeker. Potiers sur deux générations, ce sont désormais les enfants qui sont aux commandes. Gwendy Dequeker, l'une des filles, ne prévoit pas de solliciter les aides. "Nous ferons de la soupe aux orties plus souvent", plaisante-t-elle. Pour l'instant, la poterie peut tenir, "en espérant que ça ne dure pas trop longtemps". Car c'est toute la "haute saison" des artisans d'art qui est en train d'être phagocytée par le confinement : "il y a les marchés, les festivals, les vacances... tout ça est important pour notre activité." Reste à savoir si, cet été, les touristes seront autorisés à être au rendez-vous.

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