Économie – Social

"Les Atelières", ex-Lejaby, en liquidation judiciaire

Par Julie Guesdon, France Bleu mardi 4 mars 2014 à 11:03 Mis à jour le jeudi 6 mars 2014 à 12:30

Atelier Lejaby
Atelier Lejaby © Maxppp

Fin de l'histoire pour les ouvrières Lejaby ? Un an après le lancement de l'atelier de lingerie haut de gamme, les Atelières, la présidente-fondatrice demandera ce vendredi la liquidation de la société de Villeurbanne, dans le Rhône.

La survie de la lingerie haut de gamme semblait pourtant assurée. Un an après la création de l'atelier de lingerie Les Atelières, par les anciennes ouvrières Lejaby, la société s'apprête à mettre la clé sous la porte. En cause, non pas un manque d'activité, mais la rigidité des banques qui ont refusé de financer la société.

Amère, Muriel Pernin va présenter ce vendredi 7 mars au tribunal du commerce de Lyon sa demande de mise en liquidation judiciaire de la société de 30 salariés.

La BPI pointée du doigt

La présidente-fondatrice de la société coopérative d'intérêt collectif installée à Villeurbanne dénonce la mauvaise volonté des banques qui refusent de financer les 585.000 euros du "fonds de revalorisation", en dépit d'un carnet de commande encourageant, du soutien de la maison Lejaby et de l'ancienne callgirl Zahia, reconvertie dans la lingerie de luxe.

Pour Muriel Pernin, la faute vient principalement du manque de soutien de la Banque privée d'investissement, plus encline à financer les activités innovantes sur le plan technique que sur le plan organisationnel, comme c'est le cas pour Les Atelières.

"Les dispositifs d'innovation en partie portés par la banque privée d'investissement sont centrés sur la robotisation. Dans notre pays, les personnes valent donc moins que les robots."

"La fabrication française est un mensonge"

Malgré les 300.000 euros rassemblés grâce au financement participatif et à l'intervention d'investisseurs privés, rien ne semble assurer l'avenir des Atelières. Muriel Pernin s'est désolée "du mensonge" du Made in France, dont les produits "sont souvent conçus à l'étranger et finalisés en France".

De son côté, la marque française Lejaby, rachetée il y a deux ans par Alain Prost poursuit son redressement. La clé de son nouveau succès ? L'export de ses produits sur le marché russe qui lui offre une croissance à deux chiffres.

Les internautes souhaitent apporter leur aide

Emue par la situation de l'entreprise, une auditrice de France Bleu nous confie : "Tout le monde dit qu'on ne peut rien faire et c'est vrai qu'on y peut rien... tout seul !!" Depuis lundi, sur Facebook, de nombreuses personnes ont également manifesté leur soutien aux Atelières, proposant d'autres solutions de financement participatif, demandant où faire parvenir leurs dons.

En réaction aux nombreux messages, les Atelières ont relancé jeudi un appel à souscription. Tout ne semble donc pas fini pour ces anciennes Lejaby : lors d'une réunion au ministère de l'Economie mercredi soir, les banques ont fini par entendre raison "à 90%". Pilotée par Arnaud Montebourg, la rencontre devraient pouvoir continuer leurs activités à condition de trouver un modèle de production viable et de mettre un terme aux problèmes de trésorerie qu'elles rencontrent aujourd'hui.