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Les auto-écoles redémarrent : "On essaie d'être positif, mais va-t-on se remettre dans le coup ?"

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Par , France Bleu La Rochelle
La Rochelle, France

Après quelques jours de flou, c'est reparti : les auto-écoles peuvent reprendre les cours. Au prix d'une hygiène irréprochable dans les voitures, où les gestes barrière sont impossibles : port du masque obligatoire, et désinfection du véhicule après chaque leçon. Les élèves sont au rendez-vous.

Pierre, 16 ans, apprend la conduite accompagnée avec Damien Chevalier. En début et fin de leçon, il a le droit à un lavage des mains. "Les voitures n'ont jamais été aussi propres.
Pierre, 16 ans, apprend la conduite accompagnée avec Damien Chevalier. En début et fin de leçon, il a le droit à un lavage des mains. "Les voitures n'ont jamais été aussi propres. © Radio France - Julien Fleury

Cette fois c'est sûr : les auto-écoles peuvent rouvrir leurs portes elles aussi ! Un défaut dans la rédaction d'un décret listant les activités ne pouvant pas reprendre faisait planer le doute depuis ce week-end. Mais le gouvernement a clarifié la situation mardi après-midi : ouverture possible si les gestes barrière sont respectés.

Une obligation particulièrement compliquée à appliquer dans une voiture ! Masque obligatoire pour l'élève comme le moniteur, pour qui une visière est aussi recommandée. Le protocole évoque encore des housses à placer sur le siège conducteur avant chaque leçon. Et bien sûr désinfection des véhicules après.

Des cours de conduite dès lundi

Les élèves sont nombreux à rappeler les auto-écoles. Alice espère passer son permis avant l'été, afin de pouvoir travailler. Mais le temps presse, et c'est la course aux places.
Les élèves sont nombreux à rappeler les auto-écoles. Alice espère passer son permis avant l'été, afin de pouvoir travailler. Mais le temps presse, et c'est la course aux places. © Radio France - Julien Fleury

Sans attendre la clarification, beaucoup d'auto-écoles ont déjà repris leur activité. Dès lundi pour certaines. Même si la plupart se cantonnent pour l'instant au permis moto. Certains patrons se sont pourtant lancés dans la conduite. C'est le cas de Damien Chevalier, à la tête de plusieurs établissements du secteur rochelais.

Masque en tissu sur le nez, Ninon, 18 ans, est au volant pour son premier cours de conduite depuis deux mois : "J'ai l'impression de revenir à ma première séance... je stresse un peu !" Le confinement l'a stoppée à deux semaines du permis, et le temps presse pour cette élève de terminale : "si à la rentrée prochaine je suis prise à Bordeaux, ça va être compliqué de reprendre des heures. Donc l'objectif, c'est de l'avoir avant septembre."

Fenêtres ouvertes pour éviter la clim'

Heureusement Thierry le moniteur, masqué lui aussi, est là pour la rassurer : "c'est comme le vélo, en général ça revient vite." Et c'est parti pour deux heures de cours, façon coronavirus. Fenêtres ouvertes pour éviter la climatisation, "et les cinq dernières minutes je nettoie" sourit Thierry.

Damien et Thierry sont heureux d'être retour au travail. Protection en plexiglas faite maison, masques chirurgicaux ou en tissu, virucide. Et c'est parti.
Damien et Thierry sont heureux d'être retour au travail. Protection en plexiglas faite maison, masques chirurgicaux ou en tissu, virucide. Et c'est parti. © Radio France - Julien Fleury

Quelques places plus loin, dans l'avenue Normandin, où Damien Chevalier exploite "Auto-école Tasdon", le gérant est justement en train de désinfecter une autre voiture : "au spray, le volant, les clés, la boîte de vitesse. Et après il n'y a plus qu'à chiffonner." Un protocole suffisant, selon Damien, pas très fan des visières à porter par les moniteurs, et encore moins des housses jetables, qui cet été vont faire suer littéralement ses élèves. Pas forcément hygiénique. "Sinon, le mieux, c'est la chambre stérile."

Moral regonflé

Damien a repris dès le début de la semaine, avant même le feu vert du gouvernement : "heureusement, on a eu la confirmation que c'était bon." Il faut dire que l'attente est forte chez ses élèves. Les plannings affichent déjà complets pour les prochaines semaines. Alice, 18 ans, peut en témoigner, elle qui espère décrocher le permis avant l'été : "pour trouver des places, c'est la course !"

De quoi regonfler le moral du chef d'entreprise : "on n'a plus que ça à faire, il faut bosser. On est content de reprendre !" Damien attend maintenant le retour des examens, début juin si tout va bien, voire fin mai pour le permis moto.

Examens début juin

Damien Chevalier, moniteur d'auto-école à La Rochelle. L'un des premiers à avoir relancé les cours de conduite. Masque, désinfection, fenêtres ouvertes. Mais pas de housse de protection.
Damien Chevalier, moniteur d'auto-école à La Rochelle. L'un des premiers à avoir relancé les cours de conduite. Masque, désinfection, fenêtres ouvertes. Mais pas de housse de protection. © Radio France - Julien Fleury

Prendre des cours de conduite à moto, c'est forcément un peu plus simple. Pas d'habitacle partagé, les mesures barrière sont déjà respectées. Laura prend son premiers cours sur un plateau moto de Périgny, partagé par plusieurs entreprises. Enfin, après deux mois de confinement: "quand le gérant m'a rappelé pour me dire qu'on allait commencer, j'étais super contente. Je n'attendais que ça" s'enthousiasme Laura, les yeux brillants.

Laura espère passer le permis moto le plus rapidement possible. Avant l'été si possible. "Laura, Tu es en retard, tu vas avoir du mal à passer" lui lance son moniteur, Jérôme Renault. Le patron de Easy permis porte un masque chirurgical, objet précieux : "j'ai passé des commandes, mais je ne serai pas livré avant fin mai. Donc je vais tous les jours chercher des masques, que j'achète cinq par cinq."

Plus facile de reprendre les cours à moto, en plein air. Quelques auto-écoles rochelaises se sont aussi lancé dans le permis voiture, sans être tout à fait sûrs du protocole.
Plus facile de reprendre les cours à moto, en plein air. Quelques auto-écoles rochelaises se sont aussi lancé dans le permis voiture, sans être tout à fait sûrs du protocole. © Radio France - Julien Fleury

Matériel de sécurité en attente

Après trois jours de reprise, le protocole sanitaire de ce gérant d'auto-école est déjà bien en place : "on nettoie les motos après chaque élève." Si la réouverture est très attendue par les élèves, c'est aussi le cas pour les patrons : "Quel bonheur !" hurle Fabien Reynaud, cogérant de RN17, qui a relancé son activité moto, mais pas encore voiture.

Laura a dû attendre deux mois pour se lancer dans le permis moto. Elle espère le passer avant l'été. "Je n'attendais que ça."
Laura a dû attendre deux mois pour se lancer dans le permis moto. Elle espère le passer avant l'été. "Je n'attendais que ça." © Radio France - Julien Fleury

L'attentisme s'explique : Fabien n'a pas encore matériel de sécurité, nécessaire car "la voiture c'est un peu plus délicat" concède le moniteur qui a passé commande, mais n'a pas encore été livré. "On espère obtenir ça fin de semaine, pour refaire de la voiture dès lundi." Lui aussi affiche complet pour les premières semaines : "il va falloir qu'on rattrape les deux mois perdus en un mois et demie", en espérant écluser le stock de candidats d'ici la fin août, "ce qui n'est pas gagné."

Derrière les grands sourires, le doute

Les auto-écoles montraient déjà des signes de faiblesse avant la crise sanitaire. Les patrons comptent notamment sur l'abandon des charges patronales durant le confinement.
Les auto-écoles montraient déjà des signes de faiblesse avant la crise sanitaire. Les patrons comptent notamment sur l'abandon des charges patronales durant le confinement. © Radio France - Julien Fleury

Derrière leurs grands sourires, les gérants d'auto-école sont eux aussi très inquiets. Ils se demandent encore comment ils vont rembourser leurs charges, qui ont couru quand ils ne travaillaient pas : "on essaye d'être positif, maintenant qu'on peut retravailler. Mais on se pose toujours la question, est-ce que financièrement on va pouvoir se remettre dans le coup."

Dans l'immédiat Jérôme espère profiter au maximum du chômage partiel pour son unique salarié. Et il a emprunté 14.000 euros à taux zéro, le prêt garanti par l'Etat. Pour Damien Chevalier, patron de six salariés, il faut aller plus loin. Il espère bénéficier des annulations de charges patronales promises au petit commerce. 10.000 euros sont en jeu. Condition de sa survie économique. "Sinon ça va être très compliqué."

Auto-école Tasdon a rouvert après deux mois d'absence. Le gérant Damien Chevalier demande une exonération des charges patronales dues durant le confinement.
Auto-école Tasdon a rouvert après deux mois d'absence. Le gérant Damien Chevalier demande une exonération des charges patronales dues durant le confinement. © Radio France - Julien Fleury
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