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Dossier : Coronavirus Covid-19

"Les carnets de commande des entreprises ne se remplissent pas", alerte la CPME de l'Isère

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Par , France Bleu Isère

La CPME de l'Isère sonde chaque semaine une vingtaine de ses 550 entreprises adhérentes pour mesurer l'impact de la crise sanitaire et économique. Son président, Jérôme Lopez, est l'invité de France Bleu Isère ce lundi matin. Il répond aux questions de Nicolas Crozel.

Jérôme Lopez, président de la CPME Isère
Jérôme Lopez, président de la CPME Isère © Radio France - Nicolas Crozel

France Bleu Isère : À propos des nouvelles mesures prises par le gouvernement pour lutter contre le coronavirus, et notamment la fermeture des bars à 22 heures dans la métropole grenobloise, comment voyez-vous ce nouveau tour de vis ?

Jérôme Lopez : C'est un nouveau tour de vis que l'on subit. C'est toujours difficile de comprendre les mesures, il y en a qui tombent toutes les semaines et on ne peut plus rien prévoir. C'est de plus en plus compliqué pour tous les modèles économiques. 

Vous faites un sondage toutes les semaines sur 15 à 20 entreprises iséroises pour mesurer l'impact de cette crise économique, qu'est-ce qu'il en ressort en cette rentrée ? 

Dans les grandes lignes, il n'y a pas d'alarme énorme, au niveau industriel. Mais il faut se réhabituer à vivre à très court terme. Heureusement, l'année 2019 avait été bien. Mais les carnets de commande ne se remplissent pas. Et ça reste inquiétant.

Cela veut dire qu'il y a une frilosité des consommateurs parce qu'ils ne savent pas de quoi l'avenir sera fait ?

Absolument. Le manque de confiance bloque l'investissement. L'investissement ne remplit pas les carnets de commande. C'est une réaction chaîne et les entreprises n'ont pas de visibilité. 

Mais pourtant, quand on contacte un artisan, il faut un peu de temps pour qu'il arrive ? 

Il y a de la consommation des ménages pour les petits travaux. Le bâtiment a des travaux à une échelle encore raisonnable. Mais tous les horizons se sont raccourcis. Là où l'industrie était à trois mois, maintenant on est à deux semaines. Là où le bâtiment était il y a un an,  maintenant on est à 6 mois. Tous les horizons se raccourcissent et on ne peut pas prévoir. 

Plusieurs aides qui ont été mises en place par l'État au moment du confinement arrivent à terme. Est-ce que maintenant ça va être encore plus difficile ?

Les aides, c'était surtout des report d'échéance, des reports de remboursements, qui avait permis de soulager la trésorerie de toutes les structures au moment du confinement. On en est à six mois. Il va falloir recommencer à rembourser ses emprunts, rembourser l'URSSAF. Il faudrait peut-être des reports pour les entreprises qui n'ont toujours pas retrouver leur carnet de commandes et les marges nécessaires pour faire vivre leurs structures. 

Maintenant, à propos des aides, je voudrais quand même rappeler qu'il n'y a pas que les aides ! Tous les chefs d'entreprise préféreraient avoir du travail plutôt que des aides. Il y a six mois, on disait que la France était ruinée. Aujourd'hui, on trouve des milliards et des millions dans tous les tiroirs. Avant le confinement, il n'y avait plus d'argent dans les caisses , et maintenant, il y en a partout ! Et à l'heure où la société a pris une vraie conscience écologique, on le voit dans tous tous les résultats électoraux, on ne veut plus vivre à crédit sur la planète, mais on voudrait vivre à crédit sur nos finances. J'aimerais que la société prenne une conscience économique.

Pour vous, les aides c'est bien, mais c'est  artificiel ? On maintient sous assistance respiratoire les structures, mais il y a aussi des inquiétudes sanitaires, où est la solution ?

La solution n'est pas unique il faut trouver un vrai équilibre. Entre sauver la génération qui nous a appris que le travail c'est la santé, et c'est eux qui sont en danger, et pour autant, préserver le travail. Parce qu'il n'y a que le travail qui crée de la valeur aujourd'hui. La valeur, elle ne se trouve pas dans les tiroirs, ou en levant des impôts. A un moment donné, il faudra bien faire des sacrifices pour permettre à nos enfants de revenir à un équilibre. Et c'est pour cela, que j'en appelle à une prise de conscience économique. 

Vous dites, par exemple, qu'il faut desserrer certains étaux, faire plus confiance aux chefs d'entreprise pour l'application des gestes barrière, dans la commande de masques ?

Les chefs d'entreprise ont toujours été soumis à des obligations de responsabilité envers la sécurité de leurs salariés. Aujourd'hui, on a une pandémie, quelque chose de nouveau . Mais ça ne les empêche pas de continuer à être responsables.  Aujourd'hui, au travail, tous les chefs d'entreprise, que ce soit dans la restauration, dans l'industrie ou les commerces, ils appliquent toutes les règles possibles pour préserver leurs salariés, parce que ce sont les salariés qui sont la valeur de leur entreprise. 

Quel est le secteur le plus touché ? C'est l'événementiel ?

L'événementiel, effectivement. Les traiteurs. On ne peut se réunir, on ne plus organiser d'événements. On pense souvent aux gens de la culture et des spectacles, mais il y a aussi tous ces métiers qui tournent autour, les sous-traitants. Et on a souvent, lors d'une décision, des réactions en cascade que l'on n'avait pas forcément anticipées. Et c'est ce que l'on sent dans la politique aujourd'hui, un manque d'anticipation de ces "cascades" qui fait qu'on change de décisions, on revient en arrière, on jongle d'expert en expert, mais sans avoir de vraies solutions.

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