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Économie – Social

Quatre questions avant de boucler la reprise de SAI à Revin

jeudi 15 février 2018 à 15:44 Par Alexandre Blanc, France Bleu Champagne-Ardenne

Delta Dore, l'unique candidat à la reprise de la SAI de Revin, ne conserverait que 24 des 181 salariés. Mais plusieurs points doivent être réglés avant que le tribunal de commerce de Compiègne ne scelle le sort du fabricant de moteurs ardennais le 28 février.

Les salariés de SAI dans l'attente d'une décision du tribunal de commerce
Les salariés de SAI dans l'attente d'une décision du tribunal de commerce © Radio France - Alexandre Blanc

Revin, France

Le 28 février prochain, le tribunal de commerce de Compiègne donnera le mot de la fin sur le sort de la SAI de Revin, en redressement judiciaire depuis le début de l'année. L'unique candidat à la reprise, le breton Delta Dore, ne conserverait que 24 des 181 salariés. Plusieurs inconnues doivent être levées pour que le plan de reprise soit accepté. 

Quel site de production ?

Les 5 hectares de l'usine ardennaise vont bien au-delà des besoins de Delta Dore pour les 24 salariés qui seraient conservés. Même cédés à l'euro symbolique, le terrain et les bâtiments engendreraient de lourds frais de dépollution

Deux pistes sont à l'étude. Delta Dore pourrait reprendre une partie seulement du site actuel. Auquel cas, la loi prévoit que la dépollution soit à la charge du dernier exploitant, en l'occurence la SAI-SELNI, avec vraisemblablement l'appui d'Electrolux, le précédent propriétaire. L'autre possibilité serait de déménager l'activité dans un local plus petit. Pour bénéficier d'exonérations fiscales et sociales, le repreneur n'a pas intérêt à quitter la Vallée de la Meuse, classée comme "Bassin d'emploi à redynamiser"

Les salariés non-repris veulent bénéficier des mêmes conditions de départ que celles accordées en 2014 par Electrolux - Radio France
Les salariés non-repris veulent bénéficier des mêmes conditions de départ que celles accordées en 2014 par Electrolux © Radio France - Alexandre Blanc

Quelles conditions pour le transfert des machines et des brevets ?

Delta Dore est intéressé par une seule ligne de production, celles des moteurs tubulaires BLDC que le spécialiste de la domotique peut utiliser pour les volets roulants. Des moteurs qui font l'objet de brevets. "Les discussions pour le transfert des brevets sont bien engagées et ça ne devrait pas poser de problèmes", estime un représentant syndical présent à la dernière audience du tribunal de commerce de Compiègne le 14 février. 

Reste à savoir qui financera l'achèvement de la ligne de production en question, propriété d'Electrolux. Il reste deux modules à installer pour compléter l'équipement. Les discussions entre l'ancien propriétaire du site, Electrolux, et l'éventuel repreneur Delta Dore sont en cours.

Quelle pérennité en cas de reprise de l'activité ?

Si la reprise par Delta Dore est validée, les moteurs fabriqués à Revin transiteraient ensuite par la Bretagne afin d'y coupler une carte numérique. "Nous demandons à Delta Dore de fabriquer dans les Ardennes un produit fini afin de garantir la pérennité du site", explique le délégué Force Ouvrière, Jean-Pierre Villeret. "Cela permettrait de sauver quarante emplois supplémentaires". 

Quelles conditions de départ pour les 157 salariés non repris ?

Les 157 salariés qui ne seraient pas conservés demandent à bénéficier des mêmes conditions de départ que celles accordées par Electrolux lors du précédent plan social en 2014. "Les différents accords conclus à l'époque prévoyaient expressément que si une liquidation judiciaire devait intervenir avant 2020, Electrolux restait tenu par un certain nombre d'engagements", argumente Maître Mélanie Touchon, l'avocate des salariés. 

L'entrée de l'usine SAI à Revin - Radio France
L'entrée de l'usine SAI à Revin © Radio France - Alexandre Blanc

Parmi ces engagements, le versement d'une prime supra-légale de 2300 euros par année d'ancienneté pour les partants. Mais Eric Bolloti, le délégué Force ouvrière n'est pas certain que l'ancien patron tienne parole : "Ces engagements étaient soumis à d'autres engagements de la part de SAI. On devait fournir un certain nombre de moteurs que l'on a pas fourni donc c'est possible que cela soit remis en cause.

La prochaine audience devant le tribunal de commerce de Compiègne, le 28 février prochain, devrait être la dernière. L'usine qui comptait 3500 salariés dans les années 1970, lorsqu'elle était dans le giron d'Arthur-Martin, n'en fera plus travailler que 24, au mieux.