Économie – Social DOSSIER : Ecopla, la reconversion d'une usine du Grésivaudan

Les Ecopla déçus, Hollande ne les a pas reçus

Par Véronique Pueyo et Jules Brelaz, France Bleu Isère jeudi 22 décembre 2016 à 13:20 Mis à jour le jeudi 22 décembre 2016 à 17:36

Ecopla, à Saint-Vincent-de-Mercuze,  toujours sous la surveillance des gendarmes
Ecopla, à Saint-Vincent-de-Mercuze, toujours sous la surveillance des gendarmes © Radio France - Jules Brélaz

Les ex-salariés d'Ecopla à Saint-Vincent-de Mercuze (Isère), se sont rendus cet après-midi à Chambéry (Savoie) où François Hollande inaugurait le nouvel hôpital de la ville. Ils espéraient être reçus par le chef de l'Etat, ils l'ont finalement été par un conseiller. Ils sont écœurés.

Les ex-salariés d'Ecopla sont dégoûtés. Eux qui se battent depuis des mois pour sauver leurs emplois et leur projet de SCOP, espéraient être reçus cet après-midi par François Hollande, en visite à Chambéry pour inaugurer le nouvel hôpital de la ville. Finalement, c'est un conseiller en économie sociale et solidaire que les Ecopla ont déjà rencontré, Eric Dupas-Laigo, avec lequel ils sont entrés en réunion, dans une salle de l’hôpital.

On voyait François Hollande de la fenêtre du bureau où l'on était, il aurait pu nous recevoir et montrer qu'il tient un peu au peuple (Gaétan)

Le chef de l’État, lui, ne les a même pas croisés. "Hollande aurait pu nous recevoir. Il n'est pas candidat à la présidentielle. Il a le temps de discuter avec l'équipe de France de hand et pas avec nous, qui nous battons pour nos emplois. On est écœurés! " lance Christophe Chevallier, l'un des porte-paroles des Ecopla.

Les ex-salariés d'Ecopla à Chambéry "pour rien"

Les Ecopla n'ont pas pu voir le chef de l'Etat venu inaugurer l'hôpital de Chambéry - AFP
Les Ecopla n'ont pas pu voir le chef de l'Etat venu inaugurer l'hôpital de Chambéry © AFP - Jean-Pierre Clatot

"Hollande a le temps de rencontrer l'équipe de France de hand et pas nous, qui nous battons pour nos emplois !"

— Un ex-Ecopla en colère

La réunion des Ecopla avec le conseiller en économie sociale et solidaire a eu lieu dans une salle de l'hopital, à l'écart de la visite du président Hollande - Radio France
La réunion des Ecopla avec le conseiller en économie sociale et solidaire a eu lieu dans une salle de l'hopital, à l'écart de la visite du président Hollande © Radio France - Jules Brelaz

Depuis mardi, les ex-salariés d'Ecopla et leurs soutiens -élus locaux, habitants, syndicats- bloquaient les grilles de leur ancienne usine, qui fabriquait des barquettes en aluminium pour l'industrie alimentaire, avant d'être mise en liquidation judiciaire, à cause d'un patron-voyou, qui n'a jamais été inquiété jusqu'à présent. Le repreneur, l'italien Cuki, qui a racheté le matériel pour 1,5 millions d'euros, était arrivé sur place pour préparer le déménagement et les anciens salariés redoutaient qu'il ne reparte dans la nuit avec les machines-outils. "Cela sonnerait la fin de projet de SCOP" expliquait Christophe Chevallier, un des porte-paroles des Ecopla.

Les Ecopla reçus à Bercy le 10 janvier, mobilisés aux portes de leur usine gardée par les gendarmes

Du coup, une centaine de personnes se relaient, jour et nuit, depuis mardi, devant l'usine pour éviter tout déménagement. Ce matin, donc,à l'issue de nouvelles négociations, les Ecopla ont accepté de laisser les véhicules de Cuki entrer et sortir, à condition qu'ils n'emportent aucun matériel. Les Ecopla controleront les véhicules à chaque passage. En échange, ils ont obtenu une table-ronde à Bercy, le 10 janvier prochain, avec Cuki, sous la houlette d'un représentant du ministère de l’Économie.

Ils avaient aussi l'espoir de pouvoir parler avec François Hollande, mais le chef de l'Etat les a donc ignorés. Le président de la République a quitté Chambéry, les Ecopla, eux, sont toujorus en réunion avec le conseiller. "Un homme qui n'a aucun pouvoir, alors qu'Hollande, c'est quand même, encore, le Président !" déplorent les Ecopla

Les ex-Ecopla laisse un camion rentrer dans la cour de l'usine - Radio France
Les ex-Ecopla laisse un camion rentrer dans la cour de l'usine © Radio France - Jules Brélaz

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