Économie – Social

Les enseignants du lycée Doucet pas disposés à perdre la moitié de leur salaire

Par Benoît Martin, France Bleu Cotentin mercredi 26 février 2014 à 18:18

Le lycée Edmond Doucet à Equeurdreville
Le lycée Edmond Doucet à Equeurdreville © Google Maps

Dans cet établissement professionnel d'Equeurdreville, le quart des élèves est en fait scolarisé en CFA, centre de formation des apprentis. Or, pour des raisons d'économies, le rectorat envisage de revoir à la baisse la rémunération des enseignants en CFA. Les professeurs menacent de ne plus assurer les cours et les élèves montent au créneau.

Barrage filtrant ce matin à l'entrée du lycée Doucet d'Equeurdreville. Devant la grille, des lycéens et des apprentis qui suivent leur formation au CFA, dans l'établissement. "Nous sommes là en soutien à nos professeurs. Il n'est pas normal qu'ils soient payés moins cher" , expliquent les élèves grévistes.

Rémunération en baisse pour les enseignants

En fait, partant du principe que les enseignants en centre de formation des apprentis font classe devant leurs élèves seulement une partie du temps, puisque les apprentis se rendent aussi en entreprise, le rectorat a décidé de faire passer dès septembre prochain la rémunération horaire à 58% du taux actuel. Inadmissible pour les enseignants. "Il y a moins d'heures en classe mais le travail est différent. Il y a des réunions de concertation avec les entreprises et le suivi des élèves sur leur lieu de formation" souligne Sylvie Nicolet, professeur d'histoire au lycée Doucet. 

Les élèves restent mobilisés

La décision passe d'autant plus mal que les enseignants ont déjà accepté une baisse de leur rémunération cette année. Ils touchent 78% de ce qu'ils touchaient l'an dernier pour une heure d'enseignement au CFA. Et puis au Lycée Doucet, vu le nombre d'apprentis, nombreux sont les professeurs dont l'emploi du temps est majoritairement constitué d'heures de cours au centre de formation. La baisse de salaire n'en est que plus importante. Si bien que certains professeurs envisagent de faire valoir leur droit à ne plus enseigner au CFA. "On s'inquiète pour notre avenir" précisent les élèves. "Demain, on bloquera toutes les entrées de l'établissement".