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Les entreprises de BTP pendant le confinement en Gironde : "j'espère exister encore dans trois mois"

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Entretien avec Michel Dumon, vice-président de la CAPEB de Gironde, Faute de pouvoir passer au télétravail, beaucoup d'entreprises ont dû mettre leurs salariés en chômage technique avec le confinement. Seuls les chantiers d'urgence se poursuivent.

Formation BTP à l'Afpa
Formation BTP à l'Afpa © Radio France - Fabrice Marion

La plupart des employés du bâtiment poursuivent leur activité en cette période, comment cela s'organise ?

Michel Dumon, président de la CAPEB de Gironde, la Confédération de l'artisanat et des petites entreprises du bâtiment : La plupart c’est le mot de trop. Ne continuent à travailler que ceux qui font des travaux d’urgence. Nous nous trouvons dans une impasse où sommes dans l’impossibilité d’appliquer les règles de sécurité et d’accompagnement sanitaires de nos salariés. Je n’ai pas de masque, je n’ai plus de gel, j’ai pas de gants j’ai rien… Nous sommes en première ligne dans les chantiers d’urgence c’est pour ça que je dis que ce doit être un tout petit pourcentage de salariés ou de chefs d’entreprises qui travaillent. Je n’ai jamais empêché une entreprise de travailler par contre elle doit respecter les règles ! Et en ce moment, respecter les règles, c’est impossible !

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Alors comment fonctionnent les chantiers quand il s'agit d'urgences ?

Le discours que je tiens, c’est ce que je dis à un électricien, un plombier ou autre « si tu as plusieurs salariés, ce que je te conseille, tu mets tes salariés en chômage partiel et tu restes auprès de ton téléphone. Evidemment tu ne vas pas laisser une famille sans chauffage, sans électricité, sans eau chaude… » Ce qui est sur c’est qu’un chef d’entreprise qui va se déplacer en accord avec son client, qui est en panne, donc qui a une urgence, va trouver avec lui un moyen pour communiquer sans se rencontrer en ayant des distances de sécurité et ce sera gérable.

Y a-t-il une possibilité de chantiers avec un seul salarié ?

Oui dans des cas très particuliers. J’étais en ligne avec un adhérent, qui a un salarié qui a un chantier isolé en pleine campagne, effectivement il n’y a pas de risque. Il y va tout seul, il utilise seul sa propre voiture travaille et repart, il n’y a aucun risque. Mais vous vous rendez compte de la proportion ? Ce n’est presque rien…

Avez-vous peur que le secteur du bâtiment s'en sorte difficilement après cette crise ?

Je n'ai pas peur je suis terrorisé ! J’ai également une entreprise, j’espère exister encore dans trois mois. Si on ne travaille pas jusqu’au 28 avril, je ne fais plus de facture au mois d’avril. Donc je n’ai pas de trésorerie et je connais très peu d’entreprises qui ont de la trésorerie d’avance. Ça va poser un très gros problème. Je fais un appel au secours, un appel au secours au gouvernement pour qu’il ne nous laisse pas tomber. Il nous l’a promis.

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