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Les entreprises de la filière aéronautique à Toulouse peuvent-elles éviter les licenciements secs ?

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Par , France Bleu Occitanie, France Bleu

Le Covid-19 a mis la filière aéronautique à genoux, et chaque jour ou presque, des entreprises annoncent des suppressions de poste dans la région toulousaine. Pourtant certaines tentent de limiter les licenciements secs grâce à différents dispositifs, alors que d'autres disent ne pas avoir le choix.

La filière aéronautique souffre, notamment en Occitanie (illustration, ici A350 au dessus de Blagnac, près de Toulouse)
La filière aéronautique souffre, notamment en Occitanie (illustration, ici A350 au dessus de Blagnac, près de Toulouse) © Radio France - Clémence Fulleda

La crise liée au Covid-19 n'épargne pas le secteur aéronautique et les annonces de réductions d'effectifs s'enchaînent jour après jour, malgré le plan d'aide de l'Etat de 15 milliards d'euros. La plus marquante a bien sûr été celle d'Airbus. L'avionneur veut supprimer 3.378 postes dans la région toulousaine (980 à Blagnac, 2398 à Toulouse, dont 776 cols bleus et 1622 cols blancs) et 5.000 en France, 15.000 dans le monde. 186 postes vont aussi disparaître dans sa filiale ATR, leader des avions régionaux. 

Alors que les négociations ont commencé il y a 15 jours autour de ce plan de suppressions d'emplois, les syndicats d'Airbus restent sur une ligne rouge : zéro départ contraint. Pourtant, le DRH Thierry Baril, n'a pas exclu totalement les licenciements secs, même si, dit-il, "ce n'est pas dans la culture d'Airbus". 

Pourtant, la "timidité" d'Airbus, qui prévoit une phase de départs sur la base du volontariat jusqu'au 31 décembre 2020, ne se retrouve pas dans d'autres entreprises.

Safran : pas de licenciement et un accord inédit 

Safran par exemple, autre grand donneur d'ordres, troisième employeur du secteur dans la région Occitanie avec 3.250 salariés (dont 1.300 à Blagnac) s'est clairement engagé à ne faire aucun licenciement économique sur 18 mois. Et ce alors que 10.000 à 12.000 postes étaient menacés. Ainsi, un "accord de transformation de l'activité" a été signé entre la direction et tous les syndicats le 8 juillet dernier. Il prévoit 3.000 départs anticipés à la retraite et un dispositif d'activité partielle de longue durée (APLD) pour 6.000 postes, avec 40% d'inactivité maximum dans le groupe et des salariés qui percevront quasiment 90% de leur salaire.

"Il y aura des départs en retraites aidés, il y a des concessions salariales de la part des salariés, mais aussi la modération salariale pour les cadres dirigeants qui s'engagent à aborder la question des dividendes au conseil d'administration pour les diminuer ou les supprimer", explique Daniel Verdy, coordinateur CFE-CGC, qui fait confiance à sa direction "qui a joué carte sur table".

Plan de départs volontaires chez Liebherr

Chez Liebherr Aerospace Toulouse on refuse aussi tout licenciement contraint. La direction de l'entreprise spécialisée dans les systèmes d'air, qui emploie 1.300 salariés à Toulouse et 200 à Campsas, dans le Tarn-et-Garonne, a tout de même gelé les salaires, divisé ses investissements par quatre et elle négocie un plan de départs volontaires (PVD) qui va concerner une centaine de postes sur 1500. "Les 2/3 sont des emplois de fonction support et 1/3 dans des activités de production et on va permettre aux salariés de conduire hors de l’entreprise des projets personnels ou professionnels (retraite, reconversion, création d'entreprise, formation, ndlr)", explique Jérôme Noyer le DRH de Liebherr. La société a par ailleurs demandé à l'Etat 5 millions d'euros par an, sur deux ans, pour sa R&D. "L'objectif c'est aussi de préserver les compétences quand la filière redémarrera", détaille Jérôme Noyer, alors que certains spécialistes croient en une reprise de l'aéronautique d'ici deux ans. 

Le plan de la direction de Liebhherr, en cours de construction avec les organisations syndicales, repose aussi à compter d’octobre prochain sur l'APLD, l'activité partielle de longue durée (comme chez Safran, voir plus haut). "L’APLD représente au même titre que notre plan de départs volontaires, une mesure clef de notre plan d’adaptation en réponse aux impacts de la crise Covid-19 sur notre entreprise", précise le service communication de l'entreprise.

Chez Latécoère, on ne parle pas de départ non plus, en tout cas pour l'instant, mais l'équipementier a été racheté par un fond d'investissement américain avant la crise, fin 2019, et voulait réduire les coûts de 20 millions d'euros par an et compte déjà environ 200 départs ou reclassements de salariés depuis 2016.

Beaucoup de sous-traitants en grande difficulté

Ceci étant, parmi les 800 entreprises de la filière aéronautique que compte la région Occitanie, beaucoup sont en grande difficulté et disent ne pas pouvoir faire autrement que de procéder à des licenciements secs. 

Chez Aubert et Duval, à Pamiers, plus gros employeur privé de l'Ariège, les 1 200 salariés sont au chômage partiel et pour l'instant les salaires sont maintenus, les formations développées et les RTT récupérées, mais Sébastien Pollaert, de la CGT, ne présage pas de l'avenir, même si pour l'instant les rumeurs d'un rachat par Safran ne sont pas confirmées. "On nous parle de restructuration en septembre, donc ça sent le PSE (Plan de sauvegarde de l'emploi) mais pour l'instant on ne sait pas", assure-t-il. Aujourd'hui si on enlève l'aéronautique de l'Ariège, comme on l'a fait avec le textile du côté de Lavelanet, notre département va mourir."

Par ailleurs, 1.300 suppressions de postes sont prévues chez l'équipementier Daher ; 245 chez Sogeclair. Il y a aussi Trigo-qualitaire qui veut supprimer 180 inspecteur de qualité, soit 2/3 des effectifs. 

On a appris aussi que AAA, Assistance Aéronautique et Aérospatiale, un sous-traitant d'Airbus spécialisé dans l'installation d'équipements complexes (moteurs, batteries, etc.) était en grande difficulté. La direction compte sur un PSE pour supprimer 719 postes en France, dont 300 à Colomiers  (sur les 1.587 salariés en France). Syndicats et direction discutent d'un accord de méthode ce lundi. 

Pour Julien Da'rolt, représentant CFDT ce PSE est inacceptable : "Ce sont des volumes trop importants, tous les salariés veulent participer à l'avion vert. Il y a un risque pour l'entreprise car quand ça va repartir il faudra reformer, recruter de nouveau, et AAA ne sera pas prête... Les aides du gouvernement, les dispositifs de formation notamment, doivent être pris en compte pour limiter le nombre de suppressions de postes".

Hormis les 15 milliards d'euros promis par l'Etat, la Région Occitanie a promis 109 millions pour soutenir la filière aéronautique et spatiale.

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