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Économie – Social

Les entreprises de taille intermédiaire d’Île-de-France recrutent

mercredi 20 février 2019 à 16:15 Par Faustine Mauerhan, France Bleu Paris

Elles estiment être dans l’angle mort de la politique économique française et pourtant les entreprises de taille intermédiaire sont en pleine forme. En Île de France elles ont créé plus de 100.000 emplois ces dernières années et cherchent toujours.

Les entreprises de taille intermédiaire ont créé plus de 100.000 emplois depuis 2012 en Île-de-France.
Les entreprises de taille intermédiaire ont créé plus de 100.000 emplois depuis 2012 en Île-de-France. © Maxppp -

Île-de-France, France

Ce ne sont ni des petites et moyennes entreprises, ni des très grosses, les ETI, entreprises de taille intermédiaire cherchent la lumière. Mal connues, peu favorisées par le législateur, elles tirent pourtant la croissance. L’Île-de-France en compte 1.768, qui génèrent quasiment 400 milliards d'euros de chiffres d’affaire annuel et emploient 1 million 214.800 salariés, d'après la toute première étude dédiée et publiée ce mercredi 20 février par le Club ETI d'Île-de-France. Et encore, dans l’industrie comme les services (et notamment le digital), ces entreprises sont en tension. Elles cherchent à recruter. Surtout ici, en région parisienne où la problématique des transports les freine. 

Les ETI, des entreprises de territoires

Car les ETI ne sont pas seulement parisiennes. On en trouve dans 207 villes d’Île-de-France par exemple. Elles ont besoin du foncier accessible de plus en plus loin en grande couronne mais sont attachées à leur territoire et promeuvent l’industrie dans la ville. "Avec 600 salariés dans notre usine de Saint-Maur-des-Fossés, nous sommes un bon exemple d'une usine dans la ville, bien intégrée, explique ainsi Olivier Schiller, le président de Septodont, leader des anesthésiques dentaires installé, donc, dans le Val-de-Marne. Nous sommes à proximité de Saint-Maur et de Créteil, ce qui permet à nos collaborateurs de venir travailler avec peu de temps de transports." Une qualité de vie que le patron de 1.800 salariés dans le monde, essaye de maintenir et d'améliorer encore avec le télétravail notamment.

Mais pour rester implantées dans les départements, les ETI ont besoin de solutions. Dans son entreprise de vente en ligne de fournitures , Manutan, Pierre Olivier Brial, n’arrive pas à trouver certains profils. "Dans le Club ETI d'Île-de-France, nous sommes plus de 60 et toutes sont en tension, explique le patron. Ça parait curieux dans un pays où il y a plus de 8% de chômeurs, mais on a un problème d'emploi."

Besoin de plus de transports

Et surtout pour lui, entreprise du digital. "Ce sont des métiers déjà en tension en France", reconnait Pierre-Olivier Brial mais le chef d'entreprise a encore plus de mal que d'autres à attirer les candidats à Gonesse... "Ce sont de plus en plus des jeunes, qui ont très peu le permis de conduire, qui ont de moins en moins envie de se déplacer si c'est trop contraignant, il va donc falloir trouver des solutions de mobilité, prévient le président du 'club des ETI d'Île-de-France', si on ne veut pas renforcer le phénomène de centralisation sur Paris et se priver de ses profils là dans les territoires".

Les "oubliées de la politique économique"

Et puis plus globalement, les ETI ont besoin de reconnaissance. "Les ETI c'est 325.000 emplois nets de 2009 à 2015, rappelle encore Pierre-Olivier Brial. Selon l'INSEE, c'est la catégorie d'entreprises qui a créé le plus d'emplois et dans les territoires. 78% des ETI ont leur siège en dehors des grandes métropoles. Malgré ça, regrette le chef d'entreprise, les ETI sont un peu les oubliées de la politique économique française qui a tendance, à juste titre, à favoriser les start-ups, les grandes entreprises, mais pas les ETI. On n'est pas assez visibles et ça explique en grande partie le retard de compétitivité de la France. En comparaison de l'Allemagne par exemple. L'Allemagne a 12.000 ETI, on en a 5.800 en France."

Et ce manque de visibilité freine encore les ETI. "On ne nous connait pas alors on a du mal à attirer les jeunes diplômés ou les personnes à la recherche d'un emploi, détaille-t-il. Mais surtout, ce manque de visibilité fait que les politiques économiques ne prennent pas assez en compte nos spécificités. Le monde économique considère qu'au-dessus de 250 salariés, on est une grosse entreprise, nous on dit 'attention, on ne peut pas non plus être mis dans le même lot qu'une entreprise de 30.000 salariés' et nous forcer aux mêmes contraintes de dialogue social par exemple". Noyées dans la masse, les ETI manqueraient ainsi certains marchés, des chances de se digitaliser, "on risque de rater certains virages", conclut Pierre-Olivier Brial.