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Économie - Social

Les ex-Goodyear d'Amiens seront fixés le 28 mai sur le motif économique de leur licenciement

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Par , France Bleu Picardie

Les ex-Goodyear d'Amiens sont de retour aux prud'hommes, six ans après leur licenciement. 832 anciens salariés contestent le motif économique de la fermeture du site de pneumatiques. Ils réclament entre deux et quatre ans de salaire, en fonction de leur ancienneté.

Environ 600 personnes ont assisté à l'audience
Environ 600 personnes ont assisté à l'audience © Radio France - Claudia Calmel

Amiens, France

Il y avait comme un petit goût de déjà-vu, ce mardi 28 janvier, à Mégacité Amiens. Le centre de congrès accueillait pour la deuxième fois une audience délocalisée du conseil des prud’hommes. Une audience hors-normes : 832 anciens salariés de Goodyear contestent le motif économique de leur licenciement, six ans après. 

La première audience s'est tenue en octobre 2018 mais les quatre conseillers prud’homaux (deux salariés et deux employeurs) n’avaient pas réussi à trancher. Un cinquième juge qualifié de départiteur a donc été appelé en renfort : il s’agit d’un magistrat professionnel. Environ 600 personnes ont assisté aux débats.

Les plaidoiries ont duré toute la journée - Radio France
Les plaidoiries ont duré toute la journée © Radio France - Claudia Calmel

"On a eu une perte de 600 euros par mois sur notre budget"

Les ex-salariés réclament entre deux et quatre ans de salaire, en fonction de leur ancienneté. Une somme qui pourrait venir s’ajouter aux indemnités perçues lors de leur licenciement. Ce ne serait pas un luxe pour Juliette, venue accompagner son conjoint : "Vous pouvez demander à tous les gens qui sont ici présents : peu d’entre-eux ont retrouvé du travail, assure-t-elle. Beaucoup sont dans des situations précaires. Il y a eu des divorces. Il a eu des suicides. Et ceux qui ont retrouvé du travail ne retrouveront jamais le même salaire : nous, on a eu une perte de 600 euros par mois sur notre budget. Il faut apprendre à vivre autrement, expliquer aux enfants que la vie ne va plus être pareille. Au niveau des courses alimentaires aussi il faut compter : tout ça c’est du préjudice dont les gens n’ont pas forcément conscience."

Juliette est venue accompagner son mari - Radio France
Juliette est venue accompagner son mari © Radio France - Claudia Calmel

Les avocats des deux parties ont chacun eu quatre heures pour dérouler leurs plaidoiries. C’est Maître Fiodor Rilov, l’avocat des ex-Goodyear, qui a commencé. Et pour lui, les tenants et les aboutissants de cette affaire sont simples : "Vous avez un groupe qui fait 2,5 milliards de dollars de profit net après impôts, et qui licencie plus de 1000 personnes. Dans l’intervalle, ce groupe prétend qu’il a eu des difficultés économiques qui seraient le motif de la destruction des emplois et de la fermeture de l’usine. Ça me semble totalement ahurissant. Comment convaincre un juge du travail que quand on fait des bénéfices aussi pharaoniques, on a une raison valable de détruire la vie de milliers de familles ?"

Maître Fiodor Rilov, l'avocat des ex-Goodyear - Radio France
Maître Fiodor Rilov, l'avocat des ex-Goodyear © Radio France - Claudia Calmel

"Beaucoup de salariés auraient aimé avoir été licenciés dans ces conditions"

Les avocats de Goodyear ont plaidé l'après-midi. Pour eux, le groupe américain a tout fait pour éviter la fermeture du site, mais il n’a pas eu le choix. Ils ont évoqué la dette de Goodyear au moment de la fermeture du site (cinq milliards de dollars) la crise du secteur automobile et la proposition faite aux salariés de passer aux 4x8. Une proposition retoquée par la CGT qui aurait, selon les avocats, permis de faire des économies et de sauver le site, comme ça a été le cas pour l’usine Dunlop située juste en face de l'ex-usine Goodyear. 

Je suis écœuré d’entendre un avocat qui se permet d’avoir de tels propos

A l'audience, l’un des avocats du groupe américain a une eu une petite phrase qui a hérissé l'assistance : il a affirmé que le plan social avait été généreux et que "beaucoup de salariés auraient aimé avoir été licenciés dans ces conditions". Une déclaration qui est très mal passée auprès de Franck : "J’ai été outré. Outré ! Qu’il ne me redise pas ça en face, parce que moi, je lui rentre dans le lard direct !" 

Jean-Pierre, son collègue, aussi eu du mal à digérer la déclaration : "Etre heureux d’être licencié ? Non, mais on va où, là ? De la part d’un avocat, ce n’est vraiment pas respectueux."

Mickaël Wamen, ex-délégué CGT à Goodyear Amiens - Radio France
Mickaël Wamen, ex-délégué CGT à Goodyear Amiens © Radio France - Claudia Calmel

Mickaël Wamen, ex-délégué CGT de l'usine Goodyear, a aussi réagi à l’issue de l’audience: "Je suis écœuré d’entendre un avocat qui se permet d’avoir de tels propos. C’est une honte !" L’ancien représentant du personnel est sorti de ses gonds. 

Ecoutez le coup de gueule de Mickaël Wamen

Les avocats de Goodyear n'ont pas souhaité répondre aux questions des journalistes.  

"Si on nous donne justice, on donne justice à tous les salariés de France"

La décision des prud’hommes a été mise en délibéré. 

La justice semble avoir du mal à trancher cette affaire, ce qui est assez logique pour André : "A mon humble avis, ils ont peur de faire jurisprudence. Si aujourd’hui on donne raison aux Goodyear, ça va faire boule de neige : on pourrait donner justice à tous les salariés de France qui sont dans notre cas."

André pense d'une décision en faveur des ex-Goodyear pourrait faire jurisprudence - Radio France
André pense d'une décision en faveur des ex-Goodyear pourrait faire jurisprudence © Radio France - Claudia Calmel

La décision des prud'hommes sur le bienfondé du motif économique du licenciement des ex-Goodyear d'Amiens rendue le 28 mai.

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