Économie – Social

Les fabricants d'espadrilles ne veulent pas courir pour la concurrence

Par Bixente Vrignon, France Bleu Béarn et France Bleu Pays Basque mercredi 28 décembre 2016 à 18:58

Les patrons d'Armaite, Don Quichosse, Mégam, Prodizo et Tauzin représentent 90% de la production française
Les patrons d'Armaite, Don Quichosse, Mégam, Prodizo et Tauzin représentent 90% de la production française © Radio France - Bixente Vrignon

La communauté de communes de Soule va construire un "atelier de l'espadrille" pour montrer aux touristes la fabrication "traditionnelle" de l'espadrille. Pour les sandaliers l'argent public va servir à concurrencer leur production. Déloyal et inacceptable

La semaine dernière, la communauté de communes de Soule - Xiberoa votait le projet de création d'un "atelier de l'espadrille". Deux millions et demi d'euros vont être investis, dont 30% restent à la charge des collectivités locales. L'idée c'est de montrer l'histoire de l'espadrille mais aussi comment elle est fabriqué traditionnellement, grâce à un mini-atelier qui produirait 20.000 paires par an. Ça n'a rien d'original pour Sandrine Lasserre qui dirige la société Prodizo : elle emploie 18 personnes et chaque année, la quasi totalité de sa production, 50.000 paires, est vendue à des touristes qui viennent visiter ses ateliers. C'est clairement une concurrence frontale pour elle

Sandrine Lasserre a peur de devoir mettre la clef sous la porte

"Financé avec de l'argent public"

C'est aussi ce qui fait bouillir le sang de Francis Tauzin. Il dirige la plus grosse usine de production d'espadrille, ses 50 salariés produisent chaque année 800.000 à un million de paires, car les ventes dépendent aussi de la météo. Un musée, pourquoi pas, mais hors de question de fabriquer des espadrilles grâce à un investissement public pour l'industriel souletin qui en veut particulièrement au maire de Mauléon, principal promoteur du projet selon lui.

Pour l'industriel Francis Tauzin, le projet est "intolérable et indamissible".

"Il a envie", claire allusion à Beñat Etchébést le maire de Mauléon. Francis Tauzin lui en veut vraiment d'avoir poussé ce projet. Les fabricants d'espadrilles vont ouvrir leurs portes fin janvier pour montrer leur production, et ils préparent aussi une pétition.