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Économie – Social DOSSIER : L'usine Fenwal à la Châtre licencie 242 personnes

Les Fenwal devant les Prud'hommes : dernier round après trois ans de combat judiciaire

lundi 27 novembre 2017 à 21:02 Par Gaëlle Fontenit, France Bleu Berry

Après trois ans de contestation devant toutes les juridictions compétentes, les salariés et ex-salariés de Fenwal, entreprise spécialisée dans la production de matériel médical à Lacs, avaient rendez-vous devant le conseil des Prud'hommes à Châteauroux ce lundi 27 novembre.

Le groupe Fenwal a licencié 242 personnes sur son site de Lacs près de la Châtre
Le groupe Fenwal a licencié 242 personnes sur son site de Lacs près de la Châtre © Radio France - Gaelle Fontenit

Châteauroux, France

Ils sont une quarantaine à avoir fait le déplacement devant le Conseil des Prud'hommes de Châteauroux. "Elles sont" serait plus exacte. Deux ou trois hommes seulement sont présents. La très grande majorité des plaignants sont des opératrices ou ex-opératrices du site de Fenwal.

Et ce qui se joue, ce lundi de novembre, dans la grande salle bleue du tribunal, c'est la dernière manche d'un bras de fer interminable. Dernière force jetée dans une bataille judiciaire qui dure depuis trois ans, depuis l'annonce, en novembre 2014, du plan de sauvegarde pour l'emploi lancé par le groupe Fresenius pour son site de Fenwal à Lacs, près de la Châtre.

Il y a eu entre temps le tribunal administratif, puis la cour d'appel, puis le conseil d'État. Et autant de désillusions pour les plaignants. Il y a eu aussi les vagues de licenciements, juillet 2015 et janvier 2016.

De son côté, en attendant l'audience, Fenwal a négocié avec les 242 licenciés et beaucoup, épuisés par des mois et des mois d'étape juridique, par des pages et des pages de dossiers, ont préféré accepter l'offre du groupe : un dédommagement financier en échange d'un retrait de plainte. 186 personnes ont signé.

Alors les 56 qui sont là, en ce lundi frileux, sont les plus déterminé(e)s. "On veut entendre qu'on est victime. Qu'on a été licencié pour rien" explique une opératrice. Une autre hoche la tête "J'ai besoin que le tribunal reconnaisse que c'était dur. Pour tourner la page".

Trois types de situation différents

24 sont toujours employées dans l'entreprise. Mais elles veulent faire valoir leur préjudice d'anxiété, "pour les 18 mois de calvaire, à ne pas savoir si on doit chercher un travail ou non. Si on doit mettre en vente la maison ou non. Qui peut vivre comme cela!" martèle Maître Nathalie Campagnolo, leur avocate. Pour chacun d'eux, elle demande 10.000 euros d'indemnités.

Une trentaine d'autres, licenciés ou volontaires au départ, conteste la validité du motif économique qui a entraîné leur licenciement. Pour eux, leur conseil demande 24 à 48 mois de salaire en dommages et intérêts. Enfin, une opératrice qui a accepté un plan de départ volontaire a porté plainte pour harcèlement. Pour elle, Maître Campagnolo demande 24 mois de salaire en compensation du préjudice subi.

De leur côté, les avocats de la direction de Fenwal estiment que le groupe Fresenius "présente un dossier exemplaire. On a fait les choses mieux que bien" et demandent que tous les plaignants soient déboutés.

Le conseil rendra son avis le 15 janvier

Ce mardi sera examiné le cas de Daniel Lecour, un salarié licencié pour faute lourde. Il était, en l'absence de syndicat sur le site, parmi les plus investit au sein du Collectif pour le maintien de l'emploi à la Châtre. Maitre Campagnolo estime que ce licenciement est une forme de représailles.