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Coronavirus et confinement : "Les gens nous ont fui complètement." Les SDF face à l'hostilité

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Le confinement de la population dans le cadre de la lutte contre le coronavirus Covid-19 place les personnes sans-domicile dans une situation encore plus précaire. Témoignage de Tristan, sans-domicile, à Montpellier (Hérault).

Les personnes sans-domicile sont en première ligne face au coronvirus-covid19. La mise en place d'un confinement les a rendues encore plus vulnérables. Les personnes sans-domicile sont en première ligne face au coronvirus-covid19. La mise en place d'un confinement les a rendues encore plus vulnérables.
Les personnes sans-domicile sont en première ligne face au coronvirus-covid19. La mise en place d'un confinement les a rendues encore plus vulnérables. © Radio France - Nathanael Charbonnier

"Le jour du confinement, alors là, ça a été la fin du monde", constate, amer, Tristan, sexagénaire, sans-domicile depuis quelques mois. Aux conditions de vie difficiles, se sont ajoutées les rues de Montpellier désertées pour lutter contre l'épidémie de Covid-19. La solidarité au ralenti, la survie est devenue encore plus compliquée.

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"J'ai passé une semaine entière avec 1,75 euro. Qu'est-ce qu'on peut faire avec ça ? Rien ! Vous pouvez pas manger. Vous dépendez des autres, sauf que les autres, ils ont peur de vous", dénonce-t-il. 

Le sentiment d'être abandonné

Ces derniers jours, Tristan est parvenu à rassembler en moyenne 50 centimes par jour. "Personne ne s'approche, comme si on était plus porteurs que les autres, regrette-il. C'est extrêmement compliqué, on n'est pas les bienvenus dans les supermarchés, les toilettes publiques sont moins entretenues, les restaurants sont fermés, les points d'eau sont encore plus rares." 

Et parfois, la peur s'est carrément muée en véritable hostilité à son encontre. "En quelques jours j'ai vécu quelqu'un qui m'a donné un sandwich en ayant craché dedans avant. J'ai eu un monsieur qui a fait pisser son chien sur moi pendant que je dormais par terre... Vous n'imaginez pas la méchanceté des gens, souffle-t-il. C'est très dur."

"Il y a quatre jours j'étais malade, j'ai espéré mourir parce que je n'avais plus envie."

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Des locaux ont été ouverts par certaines municipalités pour accueillir les personnes sans-domicile. Trois bâtiments ont ainsi été réquisitionnés par la mairie de Montpellier : le gymnase Gambardella (quartier Clémenceau), le gymnase Les Arts (aux Beaux-arts) et plus récemment, le gymnase Georges Busnel (aux Près d'Arènes), car les deux premiers ont atteint le maximum de leur capacité d'accueil.

Tristan n'imagine pas s'y rendre. "Des centaines de personnes réunies dans un même espace, c'est le meilleur moyen de propager le virus__", explique-t-il. Diabétique, il fait partie des personnes à risque face au virus.

Un élan de solidarité

Ancien chef d'entreprise, il a décidé de tenter sa chance sur les réseaux sociaux. Il y a quelques jours, il a fait passer un appel à l'aide pour trouver un hébergement provisoire. Son histoire a ému des internautes : deux d'entre eux lui ont offert au total neuf jours de logement sur une plateforme de location saisonnière. 

"J'ai pleuré. Pourtant je suis un costaud de presque 100 kilos, mais j'ai pleuré, sourit Tristan. Ce moment de solidarité m'a bouleversé, vraiment !".

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