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Économie – Social DOSSIER : Mouvement des "gilets jaunes"

Peu convaincus par Emmanuel Macron, les "gilets jaunes" appellent à poursuivre les manifestations

mardi 27 novembre 2018 à 18:37 - Mis à jour le mercredi 28 novembre 2018 à 8:01 Par Viviane Le Guen, France Bleu

Alors que les "gilets jaunes" sont toujours mobilisés dans plusieurs départements, Emmanuel Macron s'est exprimé ce mardi. Le président a annoncé vouloir limiter l'impact des taxes carburant et une "grande concertation". Des propositions jugées insuffisantes par une partie des manifestants.

Emmanuel Macron s'est exprimé depuis l’Élysée ce mardi 27 novembre 2018
Emmanuel Macron s'est exprimé depuis l’Élysée ce mardi 27 novembre 2018 © Maxppp - Jean Pierre N'Guyen

10 jours après le début de la mobilisation des "gilets jaunes", deux de leurs représentants, Eric Drouet et Priscillia Ludosky, ont été reçus mardi soir pendant un peu plus de deux heures par le ministre de la Transition écologique et solidaire François de Rugy. 

Les "gilets jaunes" ont remis un cahier de doléances au ministre qui dépasse la question de la hausse des prix des carburants a précisé François de Rugy à l'issue de la réunion.

"Le sentiment qu'on a c'est qu'il n'y a pas de réelle envie d'améliorer le quotidien des gens" ont commenté de leur côté les deux porte-paroles. "L'appel à manifester samedi 1er décembre est maintenu" ont-ils confirmé.

Une "grande concertation" censée durer trois mois

Mardi matin, Emmanuel Macron s'est exprimé depuis l'Élysée. Le chef de l'État a de nouveau affirmé qu'il ne reviendrait pas sur la hausse des taxes sur le prix des carburants. Il a toutefois annoncé vouloir limiter l'impact des taxes carburant et proposé que la fiscalité des carburants soit adaptée aux fluctuations des prix du marché à l'avenir.

Le président de la République a également promis une "grande concertation" censée durer trois mois. Elle devra associer associations, élus et "représentants des gilets jaunes". L'objectif fixé est de parvenir à des solutions plus "pragmatiques" pour accompagner les personnes les moins bien armées pour accomplir cette transition. 

"Ce que nous voulons c'est que personne ne soit laissé seul face à la transition écologique", a renchéri le Premier ministre Édouard Philippe lors des questions au gouvernement, à l'Assemblée.

Des "gilets jaunes" prêts à tenir jusqu'à Noël

Des annonces insuffisantes pour les manifestants girondins rencontrés par France Bleu Gironde. "Trop vague", pas assez "concret", Emmanuel Macron n'a pas convaincu Dominique et Mathieu, postés sur le rond-point de l'A660 à Gujan-Mestras et prêts à tenir "jusqu'à Noël" si le président continue "à faire la sourde oreille".

Même son de cloche à Tain-l'Hermitage dans la Drôme, où une quinzaine de gilets jaunes ont écouté le président s'exprimer à la mi-journée. "On savait qu'il ne dirait pas grand chose. Donc on restera là. Jours et nuits, pas de problème" a confié l'un d'eux à France Bleu Drôme Ardèche.

"Il est franchement à côté de la plaque. Les Français savent très bien qu'il y a un problème écologique mondial mais le problème actuellement, c'est le pouvoir d'achat" a réagi Lara, gilet jaune landaise, au micro de France Bleu Gascogne. Un avis partagé par Pat, mobilisé lui aussi, pour "ces 'gilets jaunes' qui le 15 ou le 10 du mois sont dans le rouge, appellent leurs banquiers pour leurs agios. Comment peuvent-ils changer leurs chaudières ou leur voiture alors qu'ils ont déjà du mal à payer leur contrôle technique ?" 

Une colère et une détermination partagées par les "gilets jaunes" de  Toulouse, de la Côte d'Azur, de Moselle, de Meurthe-et-Moselle, du Berry, du Territoire de Belfort, de l'Isère, de l'Yonne, d'Indre-et-Loire, de la Vienne, de  Côte-d'Or ou encore du Limousin.

Les syndicats critiques, les écologistes déçus

Dans la classe politique, seul le MoDem a salué le "nouveau prisme" donné par le président "pour regarder notre avenir".

À droite, Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France, a dénoncé un discours "à côté de la plaque" avec une "concertation pipeau".

L'écologiste Yannick Jadot, un des rares politiques à soutenir la hausse de la fiscalité des carburants proposée par le gouvernement, s'est dit "stupéfait" du manque d'annonces sociales. Et au sein de la majorité, le député LREM Mathieu Orphelin, proche de Nicolas Hulot, s'est dit "déçu" qu'aucune nouvelle mesure d'accompagnement social n'ait été annoncée mardi, alors que "les solutions sont connues".