Économie – Social DOSSIER : Le combat des salariés de GM&S Industry pour sauver leurs emplois en Creuse

Les GM&S écrivent à Emmanuel Macron avant l'examen de leur reprise

Par Audrey Tison, France Bleu Berry, France Bleu Creuse, France Bleu Limousin et France Bleu jeudi 31 août 2017 à 20:47

Pendant qu'une délégation de GM&S était reçue à l'Elysée, une autre était en préfecture de la Creuse
Pendant qu'une délégation de GM&S était reçue à l'Elysée, une autre était en préfecture de la Creuse © Radio France - Audrey Tison

Une délégation de salariés de l'usine de La Souterraine était à l'Elysée ce jeudi pour remettre une lettre à destination du Président de la République. Ils veulent activer tous les leviers à quelques jours du prochain passage devant le tribunal de commerce de Poitiers.

Comme on lance une bouteille à la mer, certains salariés de l'usine GM et S ont décidé d'écrire une lettre au Président de la République, à quatre jours du prochain passage devant le tribunal de commerce de Poitiers, qui va arbitrer sur la reprise par l'entreprise GMD (un dossier qui prévoit de reprendre 120 des 277 salariés).

"Je ne suis pas le père-noël", avait prévenu Emmanuel Macron dès leur rencontre au mois de juin, mais il avait aussi promis de tout faire pour accompagner au mieux les salariés de La Souterraine. Aujourd'hui, ils estiment que la promesse n'est pas tenue, alors certains ont voulu lui passer un nouveau message, une lettre remise à des conseillers du Président, à l'Elysée ce jeudi matin. Une autre délégation a remis cette lettre directement au préfet de la Creuse lors d'une rencontre à Guéret.

On voulait expliquer les choses qu'on ne comprenait pas par rapport à l'offre de GMD. On a le sentiment d'avoir été écouté par les conseilles mais on ne sait pas ce que ca va donner - Marc, l'un des rédacteurs de la lettre

Leur principale préoccupation, c'est le devenir des 177 salariés qui seraient licenciés lors de cette reprise. Les indemnités de licenciement ne serait pas satisfaisantes, les promesses de formation non plus. Mais surtout les salariés ne comprennent pas pourquoi GMD s'obstine à ne reprendre que 120 personnes, alors que le chiffre d'affaire prévu (les commandes des constructeurs automobiles) a nettement augmenté ces derniers mois. Pour les salariés, 120 personnes ne seraient pas suffisantes pour faire tourner l'usine, certaines machines nécessitant des compétences particulières.

Consultez la lettre des salariés à Emmanuel Macron.. - Aucun(e)
Consultez la lettre des salariés à Emmanuel Macron..

La plupart des salariés espèrent encore que l'offre de reprise pourra être améliorée d'ici le passage devant le tribunal de commerce ce lundi, ou même dans les semaines qui suivent, le temps de la mise en place d'un éventuel plan de licenciement (Plan de sauvegarde de l'emploi).

Prochaine étape dans ce dossier ce vendredi matin : le Comité d'entreprise va se prononcer sur l'offre de reprise de GMD, et émettre un avis favorable ou défavorable. Cet avis sera consulté par le tribunal de commerce lundi, lors de l'examen de l'offre de reprise. Le jugement devrait être rendu dans les jours suivants : soit les juges actent la reprise, soit ils décident de liquider l'usine.