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Coronavirus : les jeunes, particulièrement touchés par la crise économique

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La Mission locale du nord-Isère accompagne plus de 4000 jeunes de 16 à 25 ans. Elle doit faire face à des contrats qui s'arrêtent, des stages qui ne peuvent plus avoir lieu ou des missions annulées.

La Mission locale du Nord-Isère accompagne plus de 4.000 jeunes. La Mission locale du Nord-Isère accompagne plus de 4.000 jeunes.
La Mission locale du Nord-Isère accompagne plus de 4.000 jeunes. - Site web de la Mission locale du Nord-Isère

A la crise sanitaire de la pandémie du nouveau coronavirus suit une crise économique, dont tous les effets ne sont pas encore là. Et selon une étude publiée ce mercredi 27 mai par l'organisation internationale du travail, à l'échelle mondiale, les jeunes -comprenez les moins de 29 ans- en sont les principales victimes. Un jeune sur six se retrouve sans emploi depuis l'apparition du Covid-19 .

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Parmi eux, des jeunes qui venaient de faire leur entrée sur le travail. Mais aussi des étudiants qui ont perdu leur petit job. Et des jeunes déjà en situation précaire qui font souvent avec des petits contrats, des contrats courts. La mission locale du Nord-Isère, qui couvre les secteurs de Bourgoin, Villefontaine, La Tour-du-Pin, Morestel, Crémieu, fait aussi le constat. Ses conseillers accompagnent dans l'emploi ou la formation plus de 4000 jeunes de 16-25 ans, non scolarisés. 

Très peu d'offres d'emploi, les formations à l'arrêt

Ces dernières semaines, l'accompagnement a pris une autre forme avec des contacts par mail, téléphone, et depuis peu et pour des situations précises, via rendez-vous sur site en respectant les gestes barrières. 

Mais Isabelle Emery, responsable du pôle La Tour-du-Pin/Morestel, explique que pour elle et ses collègues proposer quelque chose est extrêmement compliqué : "toutes les formations, ou quasi, ont été arrêtées. Pas de possibilité pour les jeunes de faire des stages en entreprise." Des stages qui leur permettent de confirmer ou non un souhait de formation.

Côté emploi, les offres sont peu nombreuses. Beaucoup de ces jeunes travaillent dans le tourisme, l'hôtellerie, la restauration, des secteurs à l'arrêt plus longtemps que d'autres. Les contrats ont pris fin brutalement avec le confinement. 

Une reprise qui s'annonce longue

Et la reprise pour ces jeunes, qui ont peu de qualifications et peu d'expériences, ne semble pas pour tout de suite si l'on en croit cette jeune femme de 19 ans, suivie par la Mission locale. "Depuis le déconfinement, je cherche dans mon domaine de prédilection, un travail d'hôtesse d'accueil, de standardiste. J'ai élargi à du ménage et à l'aide aux personnes âgées. Des dizaines de CV. Mais rien. Les exigences sur l'expérience, les diplômes sont plus fortes qu'avant la crise."

Isabelle Emery indique cependant que certains entreprises ont su s'adapter en se mettant à la fabrication de masques et quelques jeunes ont pu alors trouver un contrat. Même chose chez des enseignes qui proposent du "drive" pour les courses, système particulièrement sollicité pendant le confinement.

Plus de jeunes SDF

La particularité des moins de 25 ans est que - s'ils n'ont pas assez travaillé pour avoir des indemnités chômage- ils ne peuvent bénéficier du RSA. Les situations financières compliquées se sont donc multipliées, et avec elles de grosses difficultés pour certains, sans soutien familial notamment, pour manger et se loger. 

La Mission locale a donc sollicité les associations qui font de l'aide alimentaire. "On a plus de jeunes SDF que d'habitude", fait remarquer Isabelle Emery. Et l'offre d'hébergements d'urgence est très limitée. "Sur mon secteur, sur 35 communes, 6-7 ont un hébergement d'urgence", précise-t-elle. Des hébergements, également à la disposition, par exemple, des familles, des victimes de violences conjugales, etc.

"Nous avons débloqué de l'argent pour acheter une tente à un jeune pour qu'il puisse l'installer dans un champs pour dormir." - Isabelle Emery de la mission locale

Si la situation est rare, elle a quand même marqué les équipes et Isabelle Emery : "nous avons débloqué de l'argent pour acheter une tente à un jeune pour qu'il puisse l'installer dans un champs pour dormir." Se pose aussi, souligne-t-elle des problématiques de transports en zone rurale où l'offre des transports en commun est très limitée.

Le gouvernement a décidé de verser, en juin, une aide "exceptionnelle" de 200 euros pour les jeunes non éligibles aux minimas sociaux, qu'ils soient étudiants ou ex-salariés. 

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