Économie – Social

Les livreurs à vélo ne sont pas toujours dans les clous à Strasbourg

Par Sophie Cambra et Olivia Cohen, France Bleu Alsace, France Bleu Elsass et France Bleu dimanche 4 septembre 2016 à 8:11

Les livreurs à vélo ne sont pas toujours dans les clous à Strasbourg
Les livreurs à vélo ne sont pas toujours dans les clous à Strasbourg © Radio France - Sophie Cambra

Se faire livrer son repas par coursier à vélo, c'est devenu courant et ça crée des emplois. A Strasbourg, la société "Deliveroo" collabore avec 130 livreurs indépendants. Le salaire, surtout, attire : environ 2.000 euros par mois pour 35h. Le revers de la médaille, c'est la précarité.

Plusieurs entreprises proposent ce service de course à vélo dans les grandes villes. A Strasbourg, le marché est dominé par Deliveroo. L'entreprise s'est installée dans la capitale alsacienne au début de l'année et emploie aujourd'hui environ 130 personnes (dont cinq filles). Dans toute la France, la société travaille avec plus de 20.000 cyclistes indépendants. La start-up britannique a le vent en poupe, elle affiche une croissance de plus de 400% depuis novembre dernier.

Caroline, conquise par le job, interrogée par Sophie Cambra

Caroline a 20 ans, elle est étudiante en droit : "Ce boulot de livreur à vélo, c'est mon meilleur job étudiant. Je suis payée deux fois plus qu'au Mc Do  !" Le salaire est attractif : environ 2.000 euros par mois en faisant 35h par semaine, mais tous ces coursiers ne sont pas dans les clous ou ne se rendent pas compte de leur précarité sociale.

Des travailleurs indépendants qui risquent des amendes

Ils sont tous auto-entrepreneurs, un statut très flexible puisque les coursiers décident eux mêmes le nombre d'heures qu'ils souhaitent travailler mais ils ont aussi des obligations comme être assuré, ce qui n'est pas le cas de Caroline. Elle travaille depuis six mois dans l'illégalité et apparemment, ça ne pose pas de problème à la société qui l'embauche. Et puis, les risques d'accidents et de blessures sont nombreux.

Les revenus justement, ces coursiers doivent les déclarer à l'URSSAF, même les pourboires. "Les salariés sont les premiers pénalisés à la fin de leur carrière parce que leur retraite sera calculée sur le montant des cotisations" rappelle Pierre Holderith, directeur du contrôle. En cas de fraude ou d'irrégularités, les travailleurs indépendants comme les livreurs à vélo risquent un redressement voir même une sanction pénale.

Reportage avec les livreurs Deliveroo - par Sophie Cambra