Économie – Social

Grève au Cetra d'Indre-et-Loire : les opérateurs craignent un engorgement des numéros d'urgence

Par Adèle Bossard, France Bleu Touraine jeudi 27 octobre 2016 à 17:08

Les opérateurs du Cetra d'Indre-et-Loire, en grève pour la première fois.
Les opérateurs du Cetra d'Indre-et-Loire, en grève pour la première fois. © Radio France - Adèle Bossard

Pour la première fois depuis sa création, le Cetra, pour Centre de traitement et de régulation de l'alerte, est en grève. Les opérateurs craignent l'arrivée sur leur plateforme d'appels d'urgence d'un nouveau numéro dédié au service médical et qui pourrait engorger les appels au 15, 18 ou 112.

Créé en 2007, le Cetra est un centre unique qui récupère les appels de secours, passés au 15, au 18 et au 112 pour tout l'Indre-et-Loire. Mais un nouveau numéro d'appel, à 6 chiffres, doit rejoindre ce dispositif au 1er janvier prochain pour donner des conseils médicaux. Les opérateurs du Cetra ont manifesté, ce jeudi matin, devant leurs locaux, sur le site de l'hôpital Trousseau, contre l'arrivée dans le dispositif de ce numéro qu'ils estiment davantage propice à retarder le traitement des urgences.

Les 23 opérateurs du Cetra gèrent aujourd'hui près de 250 000 appels par an, soit environ 700 par jour. S'ils doivent gérer ce nouveau numéro en plus, ils pourraient passer à plus de mille appels quotidiens. Et ils craignent de ne plus pouvoir traiter en priorité les urgences vitales.

On connaît le numéro qui nous appelle mais on ne peut pas décrocher un appel prioritairement à un autre. Ça veut dire que ce nouveau numéro arrivera dans la même file d'attente que les appels au Samu ou aux pompiers. Donc si vous appelez pour un feu ou pour un enfant victime d'un accident domestique, il faudra attendre qu'on ait traité les appels précédents de conseils médicaux avant de traiter un appel d'urgence. Et ça retardera l'envoi des secours en cas de besoin.

Laëtitia, opératrice au Cetra d'Indre-et-Loire

La question des compétences pour donner des conseils médicaux se pose également, selon Cyril Poupault, délégué syndical du Sdis 37. "Ce numéro est dédié aux conseils médicaux donc à partir du moment où vous décrochez, c'est que vous avez un médecin au bout, explique-t-il. Mais non agents ne sont pas médecins, ils sont formés à répondre à des appels d'urgence. On n'a pas l'impression que cette loi soit applicable dans notre structure".

En intégrant ce nouveau numéro, les appels au Cetra pourraient augmenter de 20 à 50%, ce qu'ils estiment ingérable. Les opérateurs n'excluent pas une grève illimitée si les réponses ne sont pas satisfaisantes. Mais ces manifestations ne modifient évidemment en rien le fonctionnement des numéros d'urgence.

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