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Économie – Social

Les pompiers de Corse de plus en plus souvent appelés pour des futilités

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Par , France Bleu RCFM

Le Président de la Fédération Nationale des sapeurs pompiers de France a rendu visite à ses collègues corses. Grégory Allione s'est rendu à Bastia et Aleria (Haute-Corse) ce lundi 22 juillet, pour décorer deux pompiers mais aussi pour évoquer les problèmes que rencontre la profession.

Grégory Allione (au centre), président de la Fédération Nationale des Sapeurs Pompiers de France, est venu voir ses collègues de Haute-Corse.
Grégory Allione (au centre), président de la Fédération Nationale des Sapeurs Pompiers de France, est venu voir ses collègues de Haute-Corse. © Radio France - Marion Bargiacchi

Bastia, France

Il se définit comme un ami de la Corse : Grégory Allione, le président des la Fédération Nationale des sapeurs pompiers. Également directeur départemental du SDIS des Bouches du Rhône, il explique que les points communs entre les deux régions l'ont fait se rapprocher de l'île de Beauté, où il a organisé en 2017 à Ajaccio, le congrès national des sapeurs pompiers. Ce lundi, l'homme est venu médailler deux soldats du feu, le Colonel Louis Antoine Coque, ainsi que Joseph Simoni, plus vieux sapeur pompier volontaire de France : après 49 ans de bons et loyaux services, il rend le casque à 65 ans. 

Des appels pour des motifs futiles

Joseph Simoni, un modèle d'engagement et peut-être un des derniers : en tous cas, Grégory Allione regrette que de plus en plus de pompiers volontaires quittent leur caserne au bout d'une dizaine d'années. Pire, de plus en plus de pompiers professionnels se réorientent vers d'autres corps de la fonction publique : "Cela peut s'expliquer en partie parce que nos missions ont changé en l'espace de 10 ans. Les pompiers sont de plus en plus souvent appelés pour des futilités, et quand on s'engage pour sauver des vies, c'est difficile de se déranger pour faire le taxi pour quelqu'un qui a une cheville cassée par exemple."

En 1998, les pompiers agissent sur 3,5 millions d'interventions dont 50% de secours à la personne non urgent. En 2018, les pompiers interviennent sur un million d'interventions de plus, dont 84% pour des secours non urgents. Le message est clair pour Grégory Allione :

"Les sapeurs pompiers sont là pour l'urgence, ils sont là pour vous sauver dans des situations délicates. Ne les appelez pas pour des bêtises." 

Une directive européenne qui passe mal

Aujourd'hui, la France compte 196 000 pompiers volontaires sur tout le territoire. Un corps menacé par la retranscription en droit français d'une directive européenne qui comptabilise le volontariat comme du temps de travail effectif. Problème : si l'engagement en tant que sapeur-pompier est reconnu comme du temps de travail, il est assujetti au droit en matière de repos., ce qui est impossible lorsque l'on dévoue son temps libre à sauver des vies. "L'objectif est de proposer à la commission européenne et au gouvernement français une directive pour protéger le droit au volontariat. Nous ne sommes pas les seuls concernés, d'autres pays européens usent de pompiers volontaires : il y en a 3,5 millions dans l'Union." précise Grégory Allione.

Pour mieux orienter les personnes à secourir, la Fédération Nationale des sapeurs pompiers préconise aussi de faire du 112 un numéro unique d'urgence pour remplacer le 15, 17 et 18, "Cela permettrait de centraliser toutes les demandes d'aide et de mieux les dispatcher" mais également la création de centre départementaux d'urgence pour concentrer les services.