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Économie – Social

Les pompiers de la Vienne manifestent à Poitiers : ils réclament plus de moyens pour assurer un secours optimal

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Par , France Bleu Poitou

Dans la Vienne, comme partout en France, les pompiers étaient en grève ce mardi. Mouvement de grogne pour réclamer plus de considération et plus de moyens. Dans la Vienne, les soldats du feu sont en sous-effectifs. Ils craignent pour la sécurité des secours.

Dans la Vienne, la grogne des sapeurs-pompiers a rassemblé près de 80 soldats du feu, dont des officiers en civil
Dans la Vienne, la grogne des sapeurs-pompiers a rassemblé près de 80 soldats du feu, dont des officiers en civil © Radio France - Isabelle Rivière

Poitiers, France

Des coups de klaxons en série devant la caserne de Pont-Achard à Poitiers !  Comme pour le mouvement des Gilets jaunes, c'est en klaxonnant que la population poitevine montre son soutien aux sapeurs-pompiers en grève de la Vienne. Ils étaient entre 60 et 80 grévistes rassemblés sur les marches du centre de secours : des hommes en uniforme venus de St Eloi, de Pont Achard et de Châtellerault, des personnels administratifs du Service départemental d'incendie et de secours de la Vienne, mais aussi et c'est plus rare, une dizaine d'officiers en civil !  C'est dire le malaise qui agite la profession en ce moment. Partout en France, les pompiers n'en peuvent plus : manque de considération, manque de moyens. Ils réclament le maintien du système de retraite actuel et demandent le classement de la profession en métier à risques, mais sur le terrain, il y a aussi des revendications plus locales portées par une intersyndicale. 

Des pompiers inquiets pour l'avenir des secours 

Il suffisait de se rendre au barbecue revendicatif organisé devant la caserne de Pont-Achard à Poitiers pour se rendre compte de l'ampleur du mécontentement. Devant le centre de secours du centre-ville, les grévistes ont bravé l'interdiction de manifester en tenue. Certains arborent des masques d'anonymous, mais tous sont fiers de leur profession et c'est cette profession qu'ils entendent défendre en demandant plus de moyens. Olivier Barlier, du syndicat CGT pompiers, souligne qu'il y a des zones blanches dans la Vienne

"Ce sont des secteurs où il n'y a pas assez de volontaires. Se sont donc des pompiers professionnels de Poitiers-Pont-Achard, Poitiers-St-Eloi et de Châtellerault qui sont parfois obligés de se rendre à 30 km de leur périmètre habituel d'intervention pour pallier le manque d'effectifs pompiers dans ces zones blanches."

Pas assez de pompiers au quotidien

Dans la Vienne, le manque d'effectifs pose également problème en terme de sécurité des secours au quotidien dans les casernes. Selon l'intersyndicale, c'est le Potentiel opérationnel journalier (POJ) qui définit le nombre de pompiers minimum à avoir à chaque garde pour assurer la couverture optimale d'un territoire, or ce POJ n'est pas toujours assuré. Pour Christian Legendre, du syndicat Force autonome, il faudrait recruter plus de pompiers-professionnels. L'intersyndicale a fait des propositions.

"Ces dernières ont été évaluées : il faudrait mettre 3 euros de plus par habitant et par an pour obtenir les effectifs nécessaires à un système optimal de secours dans la Vienne. Cela représenterait 1,6 millions d'euros par an."

La balle est dans le camp des politiques. Ce sont eux qui détiennent les cordons de la bourse. Eux aussi qui peuvent décider d'engager ou non un véritable dialogue social, "Ca fait partie des revendications de l'intersyndicale", souligne Jean-Luc Redonnet, d'Avenir-secours, syndicat des cadres chez les pompiers. 

Une marche jusque sous les fenêtres du Département

Après un barbecue revendicatif devant la caserne de Pont-Achard, les pompiers grévistes ont donc défilé dans les rues de Poitiers et se sont rendus en cortège jusque devant l'Hôtel du département pour y porter leurs revendications, organisant même un "die in" (fait de s'allonger par terre pour signifier la mort). Autre message très clair visible devant la caserne au cours de cette journée de mobilisation : sur l'avancée qui surplombe l'entrée du centre de secours, les pompiers grévistes ont accroché un mannequin en tenue de feu, avec écrit dessus : "sous-effectifs, on meurt à petit feu !"

Un mannequin en tenue de feu suspendu à la caserne de Pont-Achard à Poitiers avec écrit dessus : "Sous-effectif : on meurt à petit feu" - Radio France
Un mannequin en tenue de feu suspendu à la caserne de Pont-Achard à Poitiers avec écrit dessus : "Sous-effectif : on meurt à petit feu" © Radio France - Isabelle Rivière

La réponse du SDIS 86

De son côté, le Service départemental d'incendie et de secours de la Vienne tient à apporter des précisions. "A la fin 2019, neuf postes "sapeurs-pompiers" (sic dans le communiqué) auront été créés en plus des effectifs actuels : un caporal pour renforcer le potentiel opérationnel journalier, trois caporaux emplois d'avenir, trois autres ainsi que deux sapeurs, au centre de traitement de l'alerte." Le SDIS ajoute que l'intersyndicale demandait la création de 47 postes. Une revendication impossible à satisfaire, selon le communiqué, car ces recrutements demandés "conduiraient à augmenter le budget alloué aux frais de personnels de 2,8 millions d’euros supplémentaires, et ce dès la première année."

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