Économie – Social

Les prestataires d’Alstom transports inquiets pour leur avenir

Par Rebecca Gil, France Bleu Belfort-Montbéliard vendredi 23 septembre 2016 à 7:10

L'accueil de l'entreprise Espace vertical, l'un des prestataires d'Alstom transports implanté à Offemont dans le Territoire de Belfort
L'accueil de l'entreprise Espace vertical, l'un des prestataires d'Alstom transports implanté à Offemont dans le Territoire de Belfort © Radio France - Rebecca Gil

La fermeture annoncée d’Alstom transports à Belfort génère une véritable inquiétude dans le nord Franche-Comté. Les salariés des entreprises prestataires sont dans l’incertitude quant à leur avenir, certains dépendent en grande partie du fleuron de l’industrie belfortaine.

La fermeture annoncée de l'usine Alstom de Belfort n'en finit pas de faire réagir. Après les salariés, les politiques, les habitants et les commerçants, c'est au tour des salariés des entreprises prestataires de faire part de leur inquiétude. Il y a bien sûr ceux qui travaillent directement pour le groupe, à l'intérieur même de l'usine, c’est le cas notamment pour environ 90 salariés d’entreprises d’ingénierie telles que Segula, ou encore Akka Technologies. Mais il y a également les salariés des structures plus petites, dont une partie des activités est consacrée à Alstom transports. C’est le cas par exemple d’Espace vertical, à Offemont ; une entreprise implantée dans le Territoire de Belfort depuis vingt ans, spécialisée dans la sécurité des travaux effectués en hauteur. Cette société compte une quinzaine d’employés.

"On se pose beaucoup de questions : comment allons-nous remplacer le chiffre d’affaires perdu ?"
— Laurie Gein, commercial à Espace vertical

Dans cette petite entreprise, à deux pas de la mairie, l’ambiance reste chaleureuse : dans la petite salle de détente derrière les bureaux au fond des locaux, des chouquettes et du café sont sur la table. Mais les salariés ne cachent pas leur inquiétude, comme Laurie Gein, commerciale : "On se pose forcément tous des questions : comment allons-nous combler cette perte ? Sur quels chantiers allons-nous placer nos ouvriers ?" La jeune femme est bien consciente de tout ce que la perte du marché d’Alstom transports implique pour la société : "Il va falloir retrouver de nouveaux clients, faire à nouveau des démarches de prospection, relancer d’anciens clients qui ne faisaient plus partie de notre portefeuille actuel… Il faudra de la motivation pour tout ça !" s'exclame-t-elle.

10 % de perte de chiffre d’affaires

La perte d’un client tel qu’Alstom transports est estimée par Adeline Jindrat, la coordinatrice exploitation à 10 % du chiffre d’affaires : "Sur un chiffre d’affaires d’un million d’euros, ça se voit tout de suite. Pour nous, petite structure, les conséquences vont vite. On parle de 100 000 euros, précise-t-elle. Si ça se passe mal, on sera obligés de licencier deux personnes". Adeline Jindrat craint pour l’avenir : "Pour l’instant, nous sommes toujours dans l’expectative. Nous avons appris la nouvelle par le biais de la presse, alors nous avons bien entendu été surpris ! Heureusement, nous avions anticipé il y a quelques années. Nous savions qu’il n’est jamais bon pour une petite entreprise de n’avoir qu’un seul client alors nous nous sommes diversifiés". Aujourd’hui, Espace vertical travaille avec plusieurs poids lourds industriels dans la région, tels que PSA ou encore Faurecia.

"Si on veut rester compétitif, notre façon de voir et de faire devra être différente" 
— Pascal Etienne, PDG d'Espace vertical

De son côté, le directeur général, Pascal Etienne, reste optimiste : "Cette annonce est une surprise, toujours difficile à croire aujourd’hui… Mais on s’accroche ! Pas question de baisser les bras, on va se battre, encore plus qu’avant", lance-t-il. Pascal Etienne sait qu’il va falloir changer de vision pour son entreprise : "Si on veut rester compétitif et continuer à se développer, notre façon de voir et de faire devra être complètement différente. Il va falloir voir plus loin : avant, on s’occupait de notre région, entre Besançon et Colmar. Maintenant, on va de Strasbourg à Dijon." Cette ouverture a forcément des conséquences : "On est obligés de réduire considérablement nos marges. Le temps passé en voiture, les frais qui y sont liés, sans compter le fait de ne pas connaître la ville, le site où l’on va intervenir, tout cela a un coût. Un chantier à 250 kilomètres de chez nous sera forcément moins rentable qu’une intervention à Belfort".

Pascal Etienne espère encore que les négociations avec le gouvernement sauveront l'entreprise historique de Belfort.

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