Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Économie – Social

Les producteurs de betterave de la Somme inquiets pour l'avenir de la filière

-
Par , France Bleu Picardie

Après Eppeville et Ham, une nouvelle manifestation des planteurs est prévue ce vendredi devant la sucrerie de Roye.

Un producteur de betteraves (image d'illustration)
Un producteur de betteraves (image d'illustration) © Maxppp - Jean-Luc Flémal

Roye, France

Une nouvelle manifestation des planteurs de betterave, ce vendredi, dans l'est de la Somme. Cette fois-ci, elle est programmée à Roye. Les agriculteurs ont prévu de bloquer le site de conditionnenment de la sucrerie à partir de 10 h pour dénoncer les prix d'achat pratiqués par St-Louis Sucre. Des tarifs qu'ils jugent beaucoup trop bas. Les producteurs, qui doivent composer avec une récolte médiocre et des prix au plus bas, pourraient perdre en moyenne de 400 à 500 € par hectare cette année. Une première dans l’histoire du secteur.

"Un trou de 7500 euros dans la trésorerie"

Cette mobilisation est organisée dans un contexte déjà tendu : le groupe allemand Südzucker a annoncé mi-février la fermeture de deux sucreries au printemps 2020 : Cagny en Normandie et Eppeville dans l'est de la Somme. Quarante-six emplois seront maintenus à Eppeville et soixante-seize transférés à Roye. Une restructuration qui inquiète les planteurs samariens comme Eric Levert. Il cultive une quinzaine d'hectares de betterave à Pont-Noyelles, entre Amiens et Corbie. Une production qu'il vend à la sucrerie d'Eppeuvillle mais le planteur s'interroge sur la suite : "Je ne sais pas si demain je ferai encore de la betterave. Saint-Louis affirme qu'aucun planteur ne sera laissé sur le carreau, mais on ne peut pas transférer tous les planteurs d'Eppeville sur la sucrerie de Roye. Ils ne pourront pas absorber tout le volume, c'est mathématiquement impossible." 

Eric Levert, producteur de betteraves à Pont-Noyelles - Radio France
Eric Levert, producteur de betteraves à Pont-Noyelles © Radio France - Claudia Calmel

Eric Levert réflechit donc à des cultures alternatives comme "les céréales, le colza ou la pomme de terre fécule". Mais au-delà des questions liées la fermeture d'Eppeville, il y a aussi le prix d'achat des betteraves par St-Louis Sucre qui pose problème Si on se base sur les premiers  acomptes versés au producteurs, ce prix a baissé de 4 euros 50 par tonne entre les campagne 2017 et 2018. Ce qui représente "un trou 7500 euros dans la trésorerie" pour Eric Levert. L'agriculteur est inquiet : _"_il y a des gens qui ont des échéances à la banque mi-avril et qui ne pourront pas les honorer. Pour les autres, c'est de l'argent que l'on investira pas ou qu'on aura pas en revenu personnel : cet argent, c'est notre revenu ! Tout ça va se répercuter sur l'ensemble de la chaîne sur les vendeurs de fournitures et de matériel agricole... " 

"Il faut que le profit soit équitable"

Ces questionnements sont aussi ceux de Thomas Leroux, qui cultive 8 hectares de betteraves à Mailly-Raineval près de Moreuil. Il travaille déjà avec la sucrerie de Roye : _"Pour nous, la fermeture de la sucrerie d'Eppeville aura une incidence : ce n'est pas anodin.  Je pense que Saint-Louis va demander aux planteurs de Roye de diminuer leurs surfaces. Moi, je suis un petit planteur et en plus je suis à 45 kilomètres de la sucrerie. Je crains que demain, Roye privilégie les agriculteurs proches du site pour des questions de coût de transport. Ceux qui sont dans mon cas devront peut-être arrêter la betterave."_

Thomas Leroux, producteur de betterave à Mailly-Raineval - Radio France
Thomas Leroux, producteur de betterave à Mailly-Raineval © Radio France - Claudia Calmel

Thomas Leroux plaide pour une refonte de la relation entre les agriculteurs et de groupe industriel : "Il faut que le profit soit équitable, en ce moment ce n'est pas le cas. Südzucker veut satisfaire ses actionnaires et donner le moins possible aux planteurs : ça ne peut pas aller. On est pas du tout dans un schéma de partenariat : _ils profitent de nous._"

Pour évoquer ces problématiques, Christophe Buisset, le vice-président de la chambre d'agriculture de la Somme, était l'invité de France Bleu Picardie. Il n'a pas caché ses inquiétudes quant à l'avenir du secteur : _"_La filière betterave est en danger actuellement. On voit bien que les groupes, qu'ils soient privés ou coopératifs, ont du mal à connaître des années où chacun a de la rentabilité. C'est valable pour les industriels, comme pour les agriculteurs et les sous-traitants. Ce qui représente beaucoup de monde dans la région." 

L'interview complète de Christophe Buisset est à réécouter ici.

La Somme est le troisième département français producteur derrière l'Aisne et la Marne. Elle compte 3200 planteurs de betteraves. Près d'un tiers d'entre-eux travaillent avec St-Louis sucre.