Économie – Social

Les producteurs de lait du Puy-de-Dôme s'inquiètent de leur situation

Par Solène Cressant, France Bleu Pays d'Auvergne jeudi 18 août 2016 à 18:40

Les éleveurs laitiers du Puy-de-Dôme tiennent à alerter sur leurs conditions de vie qui se dégradent
Les éleveurs laitiers du Puy-de-Dôme tiennent à alerter sur leurs conditions de vie qui se dégradent © Radio France - Solène Cressant

Un an après leur gronde partout en France, les agriculteurs continuent de tirer la sonnette d'alarme, car leur situation ne s'est pas améliorée, au contraire, notamment chez les éleveurs laitiers du Puy de Dôme.

Un an après leur gronde partout en France, les agriculteurs continuent de tirer la sonnette d'alarme, car leur situation ne s'est pas améliorée, au contraire, notamment chez les éleveurs laitiers du Puy-de-Dôme.

Le prix du litre de lait est actuellement de 26 centimes d'euros, en moyenne, alors qu'il était à 34 centimes il y a deux ans. C'est trop peu pour s'en sortir alors aujourd'hui, les agriculteurs sont  moroses et résignés.

Une crise structurelle   

Surproduction européenne, répartition peu équitable des marges... c'est une crise structurelle selon David Chauve, président de la Fédération des Producteurs de Lait du Puy de Dôme.

David Chauve président de la FDPL 63

Pourtant, dans ce coin du Puy-de-dôme, à 800 mètres d'altitude, il y a beaucoup de jeunes éleveurs, tout juste installés. Cyril, 23 ans, a commencé l'année dernière mais il est déjà désabusé. "On avance pas, on survit. C'est démotivant... on savait que ça serait difficile mais sûrement pas à ce point là. Heureusement qu'on a l'amour du métier, sinon on arrêterait"

Mais même avec la passion, à la fin du mois, c'est compliqué raconte le jeune homme: "On se sort le strict minimum: ce qu'il faut pour vivre, pour nos prêts personnels et pour payer les emprunts de l'exploitation. Aujourd'hui je me retire un salaire de 700 euros. Quand j'ai tout payé, il me reste pas lourd".

Je me sors un salaire de 700 euros par mois

Forcément, pour ces jeunes,  tous leurs projets en dépendent: des projets professionnels sont parfois en suspens, les projets de vie, eux, font douter. "Ce n'est pas facile pour construire une vie de famille, une maison... et il faut que notre femme accepte cette vie devenue difficile."

Manifester ? il n'en est plus question pour Pierre, pourtant dans les rues l'année dernière. "Qu'est ce que ça nous a apporté les manifestations?Je ne sais pas... est ce que quelqu'un a reçu quelque chose ? Non. C'est comme si on avait jeté une pierre dans l'eau".

Aucun d'entre eux n'aspire à vivre grâce aux aides de l'Etat. Ils essaient, au contraire, de trouver des solutions, pour continuer à vivre de leur travail.