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Les professionnels des travaux publics appellent à l'aide à Belfort

France Bleu Belfort-Montbéliard mardi 10 mars 2015 à 6:00

Travaux publics
Travaux publics © Radio France - Sophie Cambra

La fédération régionale des travaux publics (FRTP) se mobilise ce mardi à Belfort face à la baisse des commandes publiques. Dans un secteur où l'activité et l'emploi continue de chuter, les professionnels en appellent à l'Etat et aux élus.

Au pied du mur, les professionnels des travaux publics de Franche-Comté passent à l'action. Ils présenteront ce mardi à Belfort leurs revendications et propositions pour relancer la compétitivité de leurs entreprises. En 2014, les commandes publiques ont chuté selon eux de 31% !

Par conséquence, le chiffre d'affaire de l'entreprise de travaux publics Climent basée à Voujeaucourt dans le Doubs a, lui aussi, baissé de 30%. Les élections municipales de l'an dernier ont sévèrement ralenti les investissements des communes, sans oublier les baisses de dotation de l'Etat aux collectivités . "Nous on dépend à 85% des commandes publiques. Donc dès que ça freine un peu, on le ressent tout de suite. ca se traduit par beaucoup moins de demandes de devis, moins d'appels d'offre. Et le peux de chantiers qui sortent, ça se transforme en terrible bagarre des prix entre professionnels... Le gâteau n'est plus assez gros pour tout le monde." analyse Christophe Climent, patron de la société éponyme.

Christophe Climent TP bob

Les entrepreneurs attendent donc davantage d'investissement de la part des collectivités locales . Mais les communes ne peuvent plus investir autant qu'elles le souhaiteraient. "Vouloir construire c'est bien, avoir les moyens c'est autre chose" , tempère Jean-Pierre Cuenin le maire de Vézelois dans le Territoire de Belfort. Cette petite commune de près de mille habitants dispose d'un budget d'investissement de 100.000 euros. "Sachant que 400 mètres de trottoir coûte 70.000 euros..." soupire le maire. Du coup, le recours aux subventions de l'Etat est indispensable. "Mais on ne peut en demander que si les travaux n'ont pas débuté. Or, il faut une année minimum pour les obtenir l'année suivante, voire deux ans. On doit donc bâtir notre budget sans savoir ce qui nous sera alloué par l'Etat et si on n'obtient pas ce qu'on avait prévu, des projets vont devoir disparaître" , explique Jean-Pierre Cuenin.

"Ce n'est que le prix qui fera avancer les choses"

La lenteur des procédures constitue donc également un frein aux investissements. Cela aura pris presque 5 ans à la commune de Vézelois pour monter un projet de construction d'une salle multi-activité. Mais comme souvent c'est surtout le prix qui conditionne tout. "C'est presque 70% de la décision. La technologie, on estime que la plupart sont aptes à remplir le cahier des charges donc il faut que ce n'est que le prix qui fera avancer les choses." 

Et dans cette guerre des prix, les entreprises locales comme Climent souffrent et peinent à proposer des tarifs aussi attractifs que les grands groupes nationaux . La région Franche-Comté a pourtant activé un plan de soutien de 35 millions d'euros, mais les entrepreneurs en appellent aujourd'hui à l'Etat pour enrayer la chute. Ils réclament notamment la signature du contrat de plan Etat-Région (CPER) censé soutenir l'investissement.

Travaux Publics SON

 

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