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Les professionnels du bâtiment de l'Yonne font face à des pénuries de matières premières

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Par , France Bleu Auxerre

Depuis quelques semaines, le secteur du bâtiment est confronté à des difficultés d’approvisionnement sur certains matériaux : le bois, le PVC, l’acier notamment, avec des conséquences sur les délais de chantiers et les prix.

Le secteur du bâtiment est frappé par une pénurie de certains matériaux.
Le secteur du bâtiment est frappé par une pénurie de certains matériaux. © Maxppp - Rémy PERRIN

Il y a du travail et pourtant, les professionnels du bâtiment dans l’Yonne sont inquiets en ce moment. Depuis quelques semaines, il y a des difficultés d’approvisionnement voire des pénuries sur certains matériaux, notamment le bois, le PVC et l’acier, mais aussi la laine de verre, la laine de bois, les plaques de plâtre, les lattes de couverture pour les toitures, les poutres en lamellé-collé...

"La situation est extrêmement préoccupante" - Didier Michel, Fédération du bâtiment de l'Yonne

Ces tensions sont dues principalement à la crise sanitaire qui a désorganisé la production mondiale. Cela entraîne des retards sur les chantiers et des hausses de prix. Cela engendre aussi une grande frustration pour les professionnels confrontés à ce problème alors qu'ils constatent justement une belle reprise d’activité, après une année en dents de scie. 

Didier Michel : "la situation est quand même très préoccupante"

"On a eu quand même de très grosses difficultés pendant la période du premier confinement. Pendant trois et quatre mois, les entreprises étaient soit à l'arrêt complet, soit travaillaient très peu. Et même en sortie de confinement, on est resté pendant longtemps sans travailler. Donc là, on a quand même eu la chance d'avoir ce rebond, avec une activité très soutenue. Et on se retrouve bloqué de nouveau, pour certains chantiers, à cause de ces approvisionnements. La situation est quand même très préoccupante", réagit Didier Michel, le président de la Fédération du bâtiment de l’Yonne.

"Les industriels ont réduit leurs capacités de production et ils sont incapables de revenir à un niveau normal" - David Boudin, fournisseur de matériaux de construction

David Boudin : "une partie de nos produits, notamment le bois, s'exporte en Chine et aux Etats-Unis !"

Ces tensions sont dues principalement à la crise sanitaire qui a désorganisé la production mondiale. David Boudin, fournisseur de matériaux de construction, responsable de l’agence BigMat Gourmand à Auxerre, s'en désole : "les industriels ont réduit leurs capacités de production et ils sont incapables de revenir à un niveau normal, notamment à cause d'une augmentation de la demande sur le marché français, mais également sur les marchés chinois et étasunien. Et on a une bonne partie de nos produits, notamment le bois, qui s'exporte en Chine et aux Etats-Unis ! Et qui prive le marché français d'un approvisionnement régulier. Donc aujourd'hui, on se retrouve avec des délais très longs, et on l'a découvert au fur à mesure quand on passait nos commandes ! Le monde du bâtiment va tourner au ralenti, à cause de pénuries, alors qu'il y a du travail en ce moment. C'est très frustrant". 

Des prix en hausse de 10 à 50%

Les délais de livraison sont fortement rallongés : quatre semaines au lieu de trois jours pour les plaques de plâtre, six mois au lieu de trois semaines pour des lattes de couvertures. Et il y a forcément des conséquences sur les prix : "c'est la mécanique de l'offre et de la demande et effectivement, aujourd'hui, on se retrouve avec des augmentations faramineuses sur les aciers, sur les bois, sur les laines, enfin tous les matériaux de construction. Cela peut varier de 10% à 50% d'augmentation pour certains produits, c'est énorme", explique David Boudin. "Sur l'acier, la hausse sur un an est même de 100%", ajoute Didier Michel.

La revanche des "ringards du stock"

Pourtant, tous les professionnels ne sont pas alarmistes. "Je pense que les choses vont revenir à la normale pour la rentrée. Là, on fait face à une hausse des prix et une pénurie suite aux voies maritimes qui ont été un peu encombrées. Mais je pense que tout ça, ça va se refaire gentiment d'ici septembre", assure Jean-Pierre Richard, le président de la Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment (CAPEB), qui fait référence au blocage du canal de Suez fin mars. 

Il ne nie pas les problèmes actuels mais veut avant tout rassurer les clients : "Bien souvent, quand on parle de retard, c'est un retard d'un mois. Ce n'est pas quelque chose d'exceptionnel ! Je représente beaucoup d'entreprises artisanales de proximité où mes collègues sont capables  de faire de la pédagogie, d'expliquer la situation aux clients". Le professionnel refuse donc de céder à la panique (et de décourager des clients potentiels). Il tire d'ailleurs un enseignement de la situation actuelle : "Vous savez, dans nos métiers, il y a ceux qui font du stock et ceux qui n'en font pas et qui font de la gestion en flux tendus. Eh bien tout ça, c'est un peu la revanche de nous autres les "ringards du stock", conclut-il en souriant.

Le reportage de Delphine Martin

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