Économie – Social

Les ramasseurs de kiwis des Landes manifestent pour de meilleures conditions d'accueil

Par Marie Rouarch, France Bleu Gascogne et France Bleu dimanche 5 novembre 2017 à 10:51

Une cinquantaine de saisonniers ont participé à une opération escargot qui s'est achevée devant la mairie de Peyrehorade
Une cinquantaine de saisonniers ont participé à une opération escargot qui s'est achevée devant la mairie de Peyrehorade © Radio France - Marie Rouarch

Deux aires d'accueil ont été mises à disposition des saisonniers à Hastingues et Orthevielle. Mais elles sont insuffisantes selon les ramasseurs de kiwis. Ils ont manifesté ce samedi à Peyrehorade et une délégation a été reçue en mairie.

Circulation difficile ce samedi à Peyrehorade. Une cinquantaine de saisonniers, soutenus par deux associations Halem et Droit au logement, ont participé à une opération escargot entre le rond-point du kiwi de l'Adour et la mairie de Peyrehorade. Quelques-uns ont ensuite été reçus par les élus et des représentants du monde agricole pour ouvrir des discussions sur la précarité dans laquelle vivent ces ramasseurs de kiwis, des Français, des Espagnols et des Italiens pour la plupart.

L'an dernier déjà, le DAL s'était ému du sort d'une soixantaine de précaires qui n'avait nulle part où s'installer, dormant dans des vans ou sous des tentes, sans avoir la possibilité d'accéder à des toilettes et à des douches publiques. Cette année, deux aires d'accueil, équipées de sanitaires, ont été mises en place à Hastingues et à Orthevielle. "Elles sont insuffisantes, plaide Cassie, une saisonnière, parce qu'elles sont trop éloignées de Peyrehorade. Comment font ceux qui sont à pied ? Après avoir fait 8 heures de travail, il faut encore qu'ils fassent plusieurs kilomètres de marche pour aller se doucher ou s'acheter à manger ?"

Pas d'aire d'accueil supplémentaire cette année

Des aires d'accueil trop éloignées, trop petites aussi pour accueillir les groupes de saisonniers qui voyagent avec leur camion, souvent, à pied avec leur tente, parfois. "On ne peut pas faire plus pour l'instant", regrette Pierre Ducarre, président de la communauté de communes du pays d'Orthe et Arrigans, et maire d'Hastingues. C'est le message qu'il a fait passer lors de la réunion avec les représentants associatifs et la délégation de saisonniers.

Les saisonniers ont patienté pendant deux bonnes heures devant la mairie de Peyrehorade - Radio France
Les saisonniers ont patienté pendant deux bonnes heures devant la mairie de Peyrehorade © Radio France - Marie Rouarch

La collectivité a déjà mis la main à la poche : 40 000 euros pour les deux aires, installées sur des terrains qui lui appartiennent. Elle n'a pas les moyens d'en ouvrir d'autres dans l'immédiat. À l'annonce de la nouvelle, les saisonniers rassemblés devant la mairie de Peyrehorade protestent : "C'est pas l'année prochaine qu'on en a besoin, c'est cette année !" Certains s'en vont, agacés.

Besoin d'une plateforme d'information pour les saisonniers

Pourtant, selon Emmanuel Klein, porte-parole du DAL, tout n'est pas négatif, bien au contraire. "La discussion entre collectivités, représentants du monde agricole et saisonniers est enfin engagée, et ça fait des années qu'on le réclame", souligne-t-il. Avec une première - petite - avancée. Les ramasseurs de kiwis vont pouvoir installer une caravane sur un parking de Peyrehorade. Elle servira de lieu d'information auto-géré. En attendant mieux.

Car les 650 ramasseurs de kiwis qui affluent chaque année dans les Landes ont besoin d'une véritable plateforme d'information. D'autant que, comme le rappelle Emmanuel Klein : "environ une centaine de saisonniers ne trouvent pas de travail dans le secteur, chaque année. C'est vers eux que nous voulons nous tourner. Leur proposer un lieu où ils pourront s'informer, prendre un café, trouver des offres de travail dans d'autres secteurs, pour qu'ils ne restent pas ici, inactifs". Le projet devrait être mis à l'étude pour la prochaine saison des kiwis, en 2018.

Informer sur les besoins de main d'œuvre

Cette réunion a également permis une certaine prise de conscience. Jean-Marc Benquet, représentant de la Chambre d'agriculture des Landes, concède à l'issue de la rencontre : "peut-être que nous ne savons pas communiquer efficacement sur les réels besoins de main d'œuvre pour la récolte, ce qui génère ce phénomène de précarité à Peyrehorade".

Pierre Ducarre, président de la communauté de communes, l'assure : d'autres aménagements en faveur des saisonniers seront étudiés avant l'an prochain, notamment l'ouverture d'aires d'accueil supplémentaires. Pas dans le camping municipal de Peyrehorade, comme le réclament certains saisonniers. "Il est en zone inondable", précise l'élu. En attendant, la problématique est mis en suspens d'ici à la fin de la récolte dans deux semaines environ.