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Loire-Atlantique : les réactions après l'annonce des suppressions d'emplois chez Airbus

- Mis à jour le -
Par , , France Bleu Loire Océan

Airbus a annoncé ce jeudi matin la suppression d'un millier d'emplois en Loire-Atlantique. Une décision accueillie avec stupéfaction et colère par les élus, les représentants syndicaux et les salariés.

Airbus
Airbus © Maxppp - DF

Airbus va supprimer 4.925 postes en France dont 1.071 en Loire-Atlantique. Selon les syndicats, le décompte est le suivant : 484 sur le site de Bouguenais près de Nantes, 386 postes sur le site de Montoir-de-Bretagne, et 201 chez Stelia, une filiale de l'avionneur installée à Saint-Nazaire. Cette annonce a suscité de nombreuses réactions tant chez les salariés que les élus.

C'est un plan massif et brutal - Xavier Dahéron CFE-CGC d'Airbus Nantes

Xavier Dahéron, responsable de la CFC-CGC à Airbus Nantes
Xavier Dahéron, responsable de la CFC-CGC à Airbus Nantes © Radio France - Fanny Ohier

Devant l'usine Airbus de Bouguenais, le responsables du syndicat CFE-CGC, Xavier Dahéron accuse le coup : "Ce plan est massif et brutal. Massif car le nombre de suppressions d'emplois est très conséquent pour l'établissement de Bouguenais. Brutal parce que tout doit aller très vite. Ce plan doit être appliqué d'ici l'été 2021". Le syndicaliste tente de comprendre le nombre élevé de suppressions d'emplois sur le site nantais. "A Nantes, nous avions très peu d'intérimaires avant la crise sanitaire, donc un taux de flexibilité très faible, et les répercussions de la crise du covid-19, avec une baisse des cadences et de notre charge de travail de 40%, impactent directement les effectifs en CDI. A Saint-Nazaire, il y avait 650 intérimaires avant la crise, beaucoup d'entre-eux sont partis ou vont partir à échéance de leur contrat. Le plan touche donc moins de salariés Airbus."

Le conseil départemental de Loire-Atlantique exige des explications

Le président du conseil départemental de Loire-Atlantique Philippe Grosvalet s'attendait à "un trou d'air pour l'aéronautique" mais "le choc est terrible".

Je demande en urgence une table ronde avec le PDG d'Airbus. Je souhaite qu'il vienne à Nantes pour nous expliquer la situation. Nous devons trouver les moyens du rebond et accompagner les salariés - Philippe Grosvalet

Le maire de Saint-Nazaire David Samzun n'a pas été surpris par cette annonce mais prévient. "Il ne doit pas y avoir de licenciements secs. Nous devons éviter la casse sociale. Pour cela, nous devons investir dans l'avion zéro carbone et préparer l'avenir",  conclut-il. La future maire de Bouguenais Sandra Impériale reconnait avoir contacté le cabinet de Bruno Le Maire, ministre de l'Economie et des Finances.

La Région pour une réponse "forcément collective"

La présidente de la région Pays de la Loire souhaite "travailler ensemble pour éviter les licenciements secs". Christelle Morançais propose d'"explorer toutes les pistes pour éviter les licenciements secs (...) et protéger le maximum d'emplois". La présidente de région préconise d'activer "le dispositif de chômage partiel de longue durée, (...) les programmes de reconversion et les départs anticipés à la retraite." La présidente de région ajoute que "l'Etat, la Région, les collectivités concernées" doivent "travailler avec les dirigeants et les salariés pour éviter les licenciements secs".

Des salariés sous le choc

A la sortie de l'usine Airbus de Bouguenais, Bruno, 58 ans, chaudronnier, décrit l'ambiance sur le lieu de travail. "Ça fait peur à tout le monde dans les ateliers. Tout le monde se sent menacé. On est assez solidaires quand même mais tout le monde a peur de perdre son poste. Personnellement non, j'ai 58 ans, mais c'est surtout les jeunes. Ce sont les retombées de la crise, mais on sait qu'Airbus a quand même les reins solides, et on se demande si les dirigeants ne veulent pas profiter de la crise pour modifier le niveau des avantage sociaux."

Dans les ateliers, tout le monde se sent menacé - Bruno, chaudronnier chez Airbus Nantes

Bruno, chaudronnier, à la sortie de l'usine Airbus Nantes le jeudi 3 juillet 2020
Bruno, chaudronnier, à la sortie de l'usine Airbus Nantes le jeudi 3 juillet 2020 © Radio France - Fanny Ohier

Les salariés sortent de l’usine un à un, le pas rapide et le visage fermé. La plupart sont résignés. Adam lui, attend la suite des négociations avec la direction. Mais si ces suppressions de postes venaient à se concrétiser, "ce serait du gâchis !", lâche le jeune homme, "parce qu’il y a un bon savoir-faire, une culture d’entreprise, les employés s'investissent dans l'entreprise... Ce serait dommage !". 

Ces suppressions de postes "du gâchis !" pour Adam, salarié à Airbus 

Jean-Bernard lui ne comprend pas : le carnet de commandes du site de production est plein pour l'année à venir, selon lui. "Je ne trouve pas ça normal !" lance l'informaticien. "L'entreprise touche des aides de l'Etat, va licencier alors qu'il y a 7.500 avions à faire et quand l’activité repartira, il y aura encore des commandes, il ne faut pas rêver ! Donc c'est pas normal !" 

Contrairement au site de Saint Nazaire, Airbus Nantes fonctionne avec peu d'intérimaires. La chute d’activité liée au Covid, les salariés la prennent donc de plein fouet. Les salariés espèrent maintenant que les négociations entre les syndicats et la direction limiteront la casse.

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