Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour

Les restaurants fermés jusqu'à mi-janvier, le coup de colère du président de l'U2P dans l'Hérault

-
Par , France Bleu Hérault

Le président du syndicat des entreprises de proximité de l'Hérault ne trouvait plus les mots pour exprimer son dégoût et sa colère ce mardi soir après les annonces d'Emmanuel Macron sur le déconfinement, les restaurants et les bars ne rouvriront pas avant le 20 janvier.

Les restaurants resteront fermés au moins jusqu'au 20 janvier
Les restaurants resteront fermés au moins jusqu'au 20 janvier © Maxppp - Sébastien Muylaert

Les commerces non essentiels pourront rouvrir dès ce samedi, les cinémas le 15 décembre mais pas les restaurants et les bars qui devront attendre au moins jusqu'au 20 janvier. Annonces mardi soir du président Emmanuel Macron.

Des annonces auxquelles les professionnels s'attendaient mais le coup est dur malgré tout dans le monde de la restauration. Patrick Puel est le présdient de l'U2P, l'union des entreprises de proximité dans l'Hérault. Il était sans voix mardi soir après les annonces de Macron en pensant à tous les restaurateurs de l'Hérault.

"C'est faire bien peu de cas de ce que sont tous ces entrepreneurs et de leur investissement."

"Les restaurateurs, ce sont les gens qui m'ont le plus appelés ces dernières semaines pour me faire part de leur désespoir.  Sur Montpellier, on a de belles maisons qui sont au bord de la fermeture ou qui ont déjà tout arrêté. J'ai des restaurateurs qui me parlent de se réorienter vers d'autres métiers. J'ai des salariés de la restauration qui vont partir aussi. Et on parle de rouvrir en janvier ?

Mais vous imaginez ? Novembre, décembre, janvier, c'est une cohérence. C'est incompréhensible. Je suis très énervé, très énervé. J'ai arrêté d'écouter notre cher président quand il dit ça ! Parce que c'est faire peu de cas de ce qu'est une entreprise artisanale, ce l'engagement de ces gens dans leur vie personnelle, dans leur vie d'entrepreneur". 

"En face, il n'y a pas d'émotion, pas de compréhension, pas d'empathie."

"Je suis très, très énervé, très énervé. Qu'est ce qu'on va retrouver au mois de janvier ? Je ne sais pas. Je ne sais plus quoi dire. On parle, alors on essaie d'expliquer y'a rien, y'a rien. En face, il n'y a pas de compréhension, pas d'émotion, pas d'empathie. On ne fait que taper sur les travailleurs manuels.

Je pense qu'il n'y a pas de hasard. Cette classe dirigeante est coupée de la réalité depuis des années. Ces gens là sont à leur bureau, et ont droit de vie et de mort, il n'y a pas d'autres mot, sur nos petits métiers  qui sont la marque de fabrique de notre pays ! Je pense à la restauration en particulier. "

"Qu'est-ce qui va rester ? Je ne sais pas, mais ce soir, je suis profondément dégoûté. Je ne sais pas ce qui va se passer dans les jours qui viennent, je ne souhaite pas de violence. Je ne souhaite pas tout ça, bien sûr, mais je suis vraiment dégoûté, j'en ai gros sur la patate.   

Patrick Puel est le présdient de l'U2P, l'union des entreprises de proximité dans l'Hérault.

Et des restaurateurs au bout du rouleau, il y en a en effet partout. Barbara a repris le bar à tapas "Tapas'Oifbar" du village de Viol le Fort il y a deux ans.  Aujourd'hui elle ne sait plus comment elle va s'en sortir financièrement après trois mois de fermeture. 

"L'avenir nous semble très sombre."

" Là je suis découragée. car ça va nous faire encore trois mois de fermeture en totalité. Voilà, on comprend pas quelle est la différence entre une salle de cinéma et un restaurant. On est très stigmatisé, qu'on est pointé du doigt. Cet été on a perdu 50 pour cent de notre terrasse. On a fait des aménagements, on a investi pour au final, deux mois après, de nouveaux refermer.

Et aujourd'hui, l'avenir nous semble très sombre. On ne sait pas vers où on va. On a peur qu'une troisième vague arrive courant janvier parce que on va tous se réunir pendant les Fêtes, nous les premiers. Et quelles vont être les chiffres qui vont ressortir aux alentours du 15 janvier ? 

"Et les aides sont pas à la hauteur de ce qu'on entend à la télé aujourd'hui, je prends mon exemple, un petit bar du village, j'ai fait une demande de chômage partiel pour un employé qui m'a été refusée alors que je suis fermé. Aujourd'hui, les banques ne nous suivent plus. Au premier confinement, autant les banques nous ont toujours suivies, aujourd'hui, elles se protègent et donc cela devient très difficile de faire face à nos créanciers."

"Comment je fais moi pour vivre ?"

"Je ne regrette pas d'avoir repris ce restaurant il y a deux ans parce que mes clients sont toujours là. J'ai déjà reçu un petit message d'encouragement. On en reçoit tous les jours.  Je n'ai pas peur de la réouverture. Je sais que ma clientèle sera là quand je vais pouvoir ouvrir. Par contre, est ce que je vais avoir la capacité de tenir de longs mois de fermeture ?

J'ai un statut de personne physique, pas une société. Donc je n'ai pas droit au chômage partiel. Je n'ai pas d'aide, donc j'ai mes charges personnelles à payer. Aujourd'hui, je n'arrive pas à les payer. Voilà mon problème aujourd'hui. C'est comment je fais, moi pour vivre. Tout devient compliqué.  

Barbara a repris le bar à tapas "Tapas'Oifbar" du village de Viol le Fort

Les restaurateurs de l'Hérault ont prévu de se rendre à Marseille ce jeudi pour un grand rassemblement régional.

Choix de la station

À venir dansDanssecondess