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Économie – Social

Les routiers se mobilisent contre le dumping social et leur exclusion de la directive sur les travailleurs détachés

mardi 21 novembre 2017 à 19:50 Par Anja Vogel, France Bleu

Manifestations, barrages filtrants et opérations escargot étaient organisés ce mardi aux frontières belge, espagnole ou italienne, à l'appel de la Fédération européenne des travailleurs des transports. Une semaine d'action pour protester contre leur exclusion des discussions sur le travail détaché.

Les routiers ont installé des barrages filtrants comme ici sur l’autoroute A22 à la frontière belge
Les routiers ont installé des barrages filtrants comme ici sur l’autoroute A22 à la frontière belge © Maxppp - Alexis Christiaen

Les routiers sont inquiets et ils en appellent à l'Europe. Le principe "à travail égal, salaire égal", qui constitue la clé de voûte de la future directive sur les travailleurs détachés, ils veulent le voir appliqué à leur secteur aussi. D'où leur sentiment de trahison depuis l'accord conclu il y a un mois entre les ministres européens et salué comme une victoire française par Emmanuel Macron. Paris a bataillé pour limiter à 12 mois la durée maximale du détachement, victoire symbolique puisque la moyenne est de 44 jours, mais en contrepartie la France a accepté d'exclure le secteur des transports de la directive révisée.

Une demande notamment de l'Espagne, de la Pologne et autres pays de l'Est, grand adeptes du cabotage

Leur position géographique ne leur laisse pas vraiment le choix, expliquent-ils. Pour être compétitifs, ils doivent pouvoir concurrencer les routiers des pays qu'ils traversent. L'Espagne et le Portugal par exemple n'ont que la France comme porte d'entrée dans l'Union: pour éviter les long trajets à vide, ils sont ainsi autorisés à charger et décharger à plusieurs reprises, mais de manière temporaire et forcément dans le cadre d'un transport international. Sauf qu'en pratiquant des salaires beaucoup moins élevés, ils favorisent ce dumping social que la directive révisée s'efforce de combattre en garantissant aux travailleurs détachés une égalité de rémunération, primes comprises, dans le respect des conventions collectives avec leurs collègues du pays d'accueil. Alors que seul le salaire minimum du pays d'accueil est garanti pour l'instant.

Pour les routiers c'est la législation actuelle qui continuerait à s'appliquer en attendant un texte spécifique

Plusieurs pays dont la France expliquent que les transports sont un secteur particulier et qu'il doit donc être traité comme tel, en l'occurrence dans le cadre de ce qu'on appelle le paquet mobilité. Sauf que les discussions commencent à peine, elles vont durer des années, et rien ne garantit que les dispositions sociales pour lesquelles la France mais surtout les eurodéputés ont tant bataillé lui seront appliquées. Au contraire. Au Parlement européen par exemple, ce ne sera plus la commission Emploi et affaires sociales qui sera à la manoeuvre, mais celle des Transports beaucoup, plus conservatrice et libérale, en tout cas pour l'instant. Bref, l'inquiétude des routiers français est plus que légitime.

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