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Économie – Social

Ascoval : les salariés à bout de nerfs attendent avec impatience la décision du tribunal de Strasbourg

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Par , France Bleu Nord, France Bleu

Le tribunal doit dire ce jeudi s'il valide ou non l'offre de reprise de l'acierie par British Steel. Normalement le dernier épisode d'un feuilleton qui dure depuis 2015 et qui use les nerfs des 268 salariés.

Olivier Cliquet 52 ans dont 20 ans à l'acierie
Olivier Cliquet 52 ans dont 20 ans à l'acierie © Radio France - Rafaela Biry-Vicente

Saint-Saulve, France

C'est une nouvelle journée sous tension pour les salariés d'Ascoval. La justice dira ce jeudi si elle valide l'offre de reprise du groupe British Steel pour l'aciérie du Nord. Depuis 2015, les 268 salariés d'Ascoval vivent au rythme des bonnes et mauvaises nouvelles pour leur usine de St Saulve.  Dernier épisode en date en février dernier, la reprise de l'usine par un groupe belge, Altifort, écartée deux mois après sa validation, faute de trésorerie assez solide. 

"C'était la douche écossaise"

Pour Cédric, 40 ans dont 15 à l’aciérie, l'année a été très compliquée. "C'était la douche écossaise, c'était les bonnes nouvelles, le lendemain les mauvaises nouvelles, le surlendemain les bonnes nouvelles : la  douche écossaise des émotions ! On réfléchit à deux fois avant de faire les projets, c'est pesant je veux savoir où est-ce que je vais je veux savoir de quoi moi le lendemain sera fait ."

Priscilla et Cédric attendent avec impatience la fin du feuilleton - Radio France
Priscilla et Cédric attendent avec impatience la fin du feuilleton © Radio France - Rafaela Biry-Vicente

Des tensions au sein des familles

En plus des incertitudes sur les repreneurs, les métallos sont aussi soumis à de longues période de chômage.  Difficile à supporter pour le papa de trois enfants qui tourne en rond, et qui, en plus, a perdu 200 euros sur son salaire depuis deux mois à cause des primes de nuit, etc. Pour assurer l'avenir de sa famille Cédric a décidé de regrouper ses crédits mais vu la situation d'Ascoval, les banques étaient frileuses, il a donc  dû hypothéquer sa maison.

"Même nous, femmes d'ouvriers, on va péter un câble."

Cette situation a forcément des conséquences sur la vie de famille, "on oublie les vacances, les loisirs" regrette Olivier, 20 ans d’aciérie. Et même les épouses sont à bout comme Priscilla, la femme de Cédric : "C'est des grosses tensions dans le couple, c'est prise de tête tous les jours, le moindre petit truc ça part en dispute, c'est des travaux qui peuvent pas avancer parce que on n'a pas les finances, c'est épuisant, il faut la décision finale, car sinon je crois que même nous, femmes d'ouvriers, on va péter un câble".

Ambiance pesante dans l'usine

Et quand l'usine tourne les salariés n'ont pas la tête au travail, Olivier craint les accidents dans une usine dangereuse : "On n'est pas concentré à fond dans ce qu'on fait, c'est là que peuvent survenir les erreurs ou les problèmes avec la tête à penser à la reprise ou à se faire éjecter." 

En plus, selon lui, des heurts commencent à éclater entre les salariés. Le climat est tendu d'autant plus que beaucoup ne croient plus à la reprise, c'est le cas d'Olivier et de Cédric, pour eux les volumes promis par British Steel ne sont pas suffisants pour être compétitifs. Ils restent donc méfiants surtout après l'épisode d'Altifort, et même si l'offre britannique est validée ils savent que la période de transition sera compliquée et qu'il y aura encore de nombreuses périodes d'inactivité. En tout cas, ils veulent maintenant une réponse définitive sur leur sort, même si c'est négatif pour fermer la page Ascoval et pouvoir rebondir.