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Économie – Social

Les salariés d'EDF appelés à faire grève et à manifester ce jeudi

- Mis à jour le -
Par , France Bleu

Les syndicats d'EDF appellent à une grève "massive" et à un rassemblement à Paris à 14H30 devant le ministère de la Transition écologique ce jeudi. Ils protestent contre le projet de réorganisation de l'entreprise publique baptisé "Hercule" et la réforme des retraites.

Les locaux d'EDF à La Défense, Puteaux, le 1er juin 2019
Les locaux d'EDF à La Défense, Puteaux, le 1er juin 2019 © AFP - Elko Hirsch / Hans Lucas

Contre la réforme des retraites et le projet de réorganisation de l'entreprise : les salariés d'EDF et Enedis sont appelés à faire grève et à se rassembler ce jeudi à 14h30 devant le ministère de la Transition écologique à Paris. Les syndicats appellent également à des rassemblements devant les préfectures en région, et à des "baisses de production" sur le réseau, sans que cela ait d'impact pour l'usager. Quelles sont les raisons de la colère ? France Bleu fait le point.

Qu'est-ce que le projet "Hercule" ?

Baptisé "Hercule" le projet de restructuration d'EDF a été dévoilé aux organisations syndicales le 20 juin dernier. Il prévoit la séparation des activités de production (le nucléaire, le transport de l’électricité et les barrages hydroélectriques) et de distribution (EDF Renouvelables, Dalkia, la direction du commerce, les activités d'outre-mer et de la Corse). 

Les premières seraient regroupées dans un "EDF bleu", entité détenue à 100% par l’État. Les secondes, "les activités qui ont des revenus garantis, soit les plus juteuses" selon les syndicats, seraient réunies dans un "EDF vert" qui serait introduit en bourse à hauteur de 35% et dans laquelle des investisseurs extérieurs pourraient détenir des parts de capital.

Pourquoi les syndicats n'en veulent pas ?

La CGT, la CFDT, FO et la CFE-CGC dénoncent unanimement un projet "financier" qui "découpe EDF pour faire la part belle à la concurrence". C'est "une manière habile de vendre Enedis", à travers la filiale "Vert" dont le capital serait ouvert au marché à hauteur de 30 à 40% s'est indigné Vincent Rodet de la CFDT auprès de l'AFP. Selon lui, "l'État français se prive d'un outil formidable pour mener la transition énergétique".

Des députés LR (dont Olivier Dassault, Daniel Fasquelle, Olivier Marleix et Eric Woerth) ont aussi dénoncé dans une tribune parue dans Les Echos un projet de "scission". "La grande étrangeté de ce qui ressemble plus à un rêve de financiers qu'à un véritable projet industriel, c'est d'ouvrir aux financements privés ce qui a le moins besoin d'argent, et de refermer sur un État prisonnier de ses contraintes budgétaires Bleu, qui a des besoins colossaux", écrivaient-ils.

Cette réforme peut-elle faire grimper votre facture d'électricité ?

Oui selon les syndicats. D'après Vincent Hernandez, délégué FO interrogé par l'AFP, "la contrepartie exigée à Bruxelles" pour conserver dans le giron de l'État le nucléaire pourrait être "l'abandon des tarifs régulés qui assurent une égalité d'accès sur le territoire". "Si les TRV (tarifs réglementés de vente de l'électricité) sautent, ce sera l'explosion des prix, tout le monde y perd, sauf les intérêts privés", a-t-il expliqué.

Depuis la loi du 7 décembre 2010 portant nouvelle organisation du marché de l’électricité (dite loi "NOME"), les fournisseurs alternatifs (Engie, Planète Oui, Eni, Total Spring…) achètent en effet leur électricité à EDF à un prix régulé : 42 euros par mégawattheures (MWh), pour un volume de vente de 100 térawattheures (TWh) par an. Ce prix, censé rester fixe jusqu’au 31 décembre 2025, pourrait augmenter et, à terme, être répercuté sur la facture des consommateurs.

Que dit le gouvernement ?

"Aucune décision" n'a été prise pour l'instant quant à une éventuelle réorganisation d'EDF, a indiqué mardi le ministre de l'Economie à l'Assemblée nationale. "Nous garantirons l'intégrité d'EDF et nous ferons en sorte qu'EDF reste le fleuron industriel national qu'il est aujourd'hui", a assuré Bruno Le Maire. 

"Ce que nous voulons, c'est de permettre à EDF de réussir cette transition énergétique, de continuer à s'appuyer sur l'énergie nucléaire qui est un avantage compétitif considérable pour la France et un avantage pour lutter contre le réchauffement climatique et en même temps nous permettre de développer ces énergies renouvelables", a certifié Bruno Le Maire.  "Ça suppose de donner à EDF les capacités financières de se développer" malgré sa dette, de "faire ça en préservant une régulation qui protège les Français mais qui soit aussi conforme au droit européen", "et en troisième lieu faire en sorte que nous gardions un coût de l'énergie qui soit compétitif", a-t-il précisé.

Le gouvernement a chargé le PDG d'EDF, Jean-Bernard Lévy, de lui remettre à la fin de l'année des propositions sur une éventuelle réorganisation.

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