Économie – Social DOSSIER : Le combat des salariés de GM&S Industry pour sauver leurs emplois en Creuse

Les salariés du sous-traitant automobile GM&S prêts à faire sauter l'usine

Par Audrey Tison et Olivier Estran, France Bleu Berry, France Bleu Creuse, France Bleu Limousin et France Bleu jeudi 11 mai 2017 à 12:26 Mis à jour le jeudi 11 mai 2017 à 12:38

Des bonbonnes de gaz et des jerrycans ont été disposés dans l'usine
Des bonbonnes de gaz et des jerrycans ont été disposés dans l'usine © Radio France - Olivier Estran

Les ouvriers de l'usine automobile de La Souterraine (Creuse) passent à la vitesse supérieure. Convaincus que le démantèlement de leur usine est en train d'être discuté à Bercy, ils ont positionné des bonbonnes d'air liquide sur le parking, reliées à des bouteilles de gaz et des jerricans d'essence.

Après des mois d'incertitude et de lutte, une bonne partie de 277 ouvriers de GM et S Industry se sont rassemblés ce jeudi dans leur usine, ils disent vouloir l'occuper jour et nuit jusqu'à obtenir des réponses de la part des constructeurs automobiles. Cette usine produit des pièces auto pour PSA et Renault, des constructeurs qu'ils accusent d'avoir organisé leur perte.

Tout le site est piégé," affirment les salariés

Ce matin, les salariés ont commencé par détruire deux machines. Ils ont découpé au chalumeau une presse en métal qui sert à fabriquer des pièces automobiles. "Ça fait mal au cœur, mais on n'a plus le choix pour faire pression, si on ne veut pas disparaître comme ça!" explique un salarié. Un poste à soudure avec écran tactile a ensuite été écrasé sur le parking. C'est la stratégie de la CGT qui affirme avoir piégé le site. Des bonbonnes d'air liquide sont positionnées sur le parking, reliées à des bouteilles de gaz et à des jerrycans d'essence.

L'usine est en redressement judiciaire depuis plusieurs mois. Le tribunal de commerce de Poitiers a récemment reporté une audience au 23 mai prochain, car les négociations se poursuivent à Paris avec Renault et PSA, les principaux clients de l'usine creusoise. La justice voulait laisser une chance aux discussions d'aboutir.