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Les salariées de l'Ehpad d'Yvré-l'Evêque arrêtent la grève, mais restent en colère

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Par , France Bleu Maine

Seize aides-soignantes et agents de services hospitaliers (ASH) étaient en grève, mardi 1er octobre, à la maison de retraite Sain-Vincent-de-Paul, à Yvré-L'Evêque. Elles ne reconduisent pas leur mouvement, mais demandent à la direction d'ouvrir des nouveaux postes. Certaines sont épuisées.

Pendant leur journée de grève, les salariées ont continué à travailler avec des pancartes et des rubans rouges pour signifier leur mécontentement.
Pendant leur journée de grève, les salariées ont continué à travailler avec des pancartes et des rubans rouges pour signifier leur mécontentement. © Radio France - Clémentine Sabrié

Leur grève n'a duré qu'un jour, mais elles ne lâchent pas l'affaire. "Depuis une, voire deux années, les conditions de travail se sont dégradées", explique Laetitia, accompagnante éducative et sociale, depuis 17 ans, à la maison de retraite Saint-Vincent-de-Paul, à Yvré-l'Evêque. "On est en manque de personnel." C'est pour cela qu'elles étaient en grève, mais pour continuer à l'être, elles doivent cesser de travailler et, donc, arrêter d'être payées. C'est impossible, donc elles favorisent la négociation avec la direction.

Assumer une double journée de travail, c'est "tout faire à moitié"

Certains matins, le directeur de l'établissement, Xavier Pelletier, reçoit plusieurs appels : "Un absent, deux absents, trois absents... Qu'est-ce que vous voulez dire ?" Il peine à remplacer au pied levé les personnes en arrêt maladie. Alors, le personnel présent doit assumer la charge de travail des employées non-remplacés. Sauf que travailler pour deux, c'est "tout faire à moitié", selon Pascale Royer, agent de services hospitaliers (ASH) et déléguée du personnel. 

On va zapper de couper les ongles. On va faire qu'une toilette au lieu de la douche. Quand il manque des postes, on esquive sur le ménage.

Ce qui lui fait le plus mal, c'est de ne pas pouvoir faire son travail correctement. Quand elle dit ça, Pascale Royer a les larmes qui lui montent aux yeux dans son bureau. Elle et ses collègues sont fatiguées, voire épuisées, par la situation. "On est frustrées quand on rentre chez nous, parce qu'on n'a pas fait notre travail comme il faut", détaille Laetitia. Il en découle de la lassitude, un manque de patience.

On devient même irritables et les résidents aussi. 

Les grévistes demandent deux postes à temps plein supplémentaires

Pour remédier à cette situation où personne n'est heureux, ni les patients, ni les employées, ni la direction, les aides-soignantes et les ASH veulent ouvrir un poste à temps plein le matin et un autre l'après-midi. Les responsables du personnel ont rencontré la direction, mardi matin. Le problème, c'est que les deux ne voient pas la situation de la même façon. Les salariées ont perdu le côté "humain" de leur travail, selon Laetitia. "Quand un patient m'appelle pour parler, je n'ai plus le temps", murmure la jeune femme. Elle veut retrouver cette humanité dans le contact avec les résidents. Pour sa part, le directeur est obligé de jongler avec des budgets dont il ne maîtrise pas l'approvisionnement. "On est tributaire et dépendant des tutelles, donc de l'Agence régionale de santé (ARS) et le Conseil départemental", précise Xavier Pelletier. Leur budget alloué aux salaires est calculé en fonction de leur nombre de résidents et de leurs pathologies. 

Suite à la réunion, ils ont trouvé un compromis. Une personne va être embauchée à temps plein. Elle travaillera le matin ou l'après-midi, en alternance. Il va falloir attendre le budget de 2020 pour savoir si un second poste pourra être créé. D'ici là, les salariées serrent les dents. Elles espèrent que cela ira mieux avec la nouvelle embauche.

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