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Économie – Social

10e jour de grève pour les salariés de Lafarge à Bernières-sur-Seine

jeudi 14 février 2019 à 5:21 Par Laurent Philippot, France Bleu Normandie (Seine-Maritime - Eure) et France Bleu

À Bernières-sur-Seine, dans l'Eure, les salariés de LafargeHolcim sont en grève depuis le 5 février. Au centre de leurs revendications, le pouvoir d'achat. Ils réclament à leur direction une prime de 1000 euros nets afin de partager les bénéfices du groupe.

Au centre des revendications des salariés, plus de pouvoir d'achat. Les grévistes estiment ne pas être entendus par la direction de Lafarge
Au centre des revendications des salariés, plus de pouvoir d'achat. Les grévistes estiment ne pas être entendus par la direction de Lafarge © Radio France - Laurent Philippot

Bernières-sur-Seine, France

"Actionnaires, plein les poches. Ouvriers, que les miettes. Stop !!! ". Devant la grille des carrières de LafargeHolcim, à Bernières sur Seine, la pancarte est bien visible. Une partie des 80 salariés (90% selon la CGT,  50 salariés sur les trois sites de la vallée de la Seine selon la direction) est en grève depuis le 5 février. Dans le cadre de la négociation annuelle obligatoire, la direction leur a proposé une augmentation de 1,6%, mais ce n'est pas suffisant, aux yeux des grévistes. 

Aucun grain de sable ne sort de la carrière de LafargeHolcim. Les grévistes filtrent les accès au site. - Radio France
Aucun grain de sable ne sort de la carrière de LafargeHolcim. Les grévistes filtrent les accès au site. © Radio France - Laurent Philippot

On a l'impression de revivre Germinal" - Sébastien Edeuline, élu CGT Vallée de Seine

Les grévistes réclament plus de pouvoir d'achat et qu'une partie des bénéfices du groupe de construction leur soit reversée. À les écouter, obtenir plus de pouvoir d'achat n'est pas leur seul souci, ils aimeraient plus de considération de la part de la direction. Nicolas, 30 ans de maison, le confie : "avant on était fier de dire qu'on travaillait aux Sablières de la Seine. Avant le patron, il connaissait mon nom, il venait nous saluer, _maintenant on est des numéros_".

Ce qui se passe à l'extérieur avec les gilets jaunes, c'est ce qui se passe à l'intérieur dans l'entreprise, on ne nous entend pas "  - Wilfried, salarié depuis 20 ans

Lors de l'assemblée générale, les grévistes ont voté, à main levée, pour l'obtention d'une prime de 1000 euros pour chaque salarié - Radio France
Lors de l'assemblée générale, les grévistes ont voté, à main levée, pour l'obtention d'une prime de 1000 euros pour chaque salarié © Radio France - Laurent Philippot

Les revendications des grévistes 

À l'heure de la relève entre les équipes du matin et de l'après-midi, les grévistes votent une liste de revendications qui a été transmise à la direction. 

  • Indemnisation des heures de grève
  • Prime de 1000 euros nets pour tous les salariés
  • Prime de 60 euros mensuels
  • Paiement de l'assurance voiture par l'entreprise pour les salariés

"On ne lâche rien" lance au micro le représentant de la CGT. "On est déterminé, on n'a rien à perdre". Les salariés comptent sur la perte financière de l'entreprise, 500 000 euros par jour selon Sébastien Edeuline. Aucun camion ne sort du site, alors que chaque jour, 12000 tonnes de sable sont produites dans la carrière. Seules deux ou trois barges rejoignent Paris par la Seine. 

Les propositions de la direction 

Comme les négociations sont toujours en cours, le directeur du site eurois de LafargeHolcim, leader mondial des matériaux et des solutions de construction, n'a pas accepté de répondre au micro de France Bleu Normandie. Le responsable de la communication du groupe précise toutefois que la direction veille à maintenir une écoute et un dialogue constant. Mardi 12 février, cinq  jours après l'entame des premières discussions avec les représentants du personnel, les organisations syndicales et le personnel, la direction a fait, selon ses mots, des propositions significatives :

  • Recrutement de 9 personnes en CDI
  • Construction d'un projet de vie pour les sites, autour du développement professionnel et des conditions de travail
  • Octroi d'une prime liée à l'atteinte des volumes de production sur le 1er semestre, pour les trois sites concernés (dans la vallée de la Seine)

Une nouvelle assemblée générale des grévistes aura lieu le vendredi 15 février, pour décider de la poursuite ou non du mouvement.