Économie – Social

Les salariés de Vélib' haussent le ton

Par Nicolas Olivier, France Bleu Paris mardi 14 novembre 2017 à 20:29

Des salariés de Cyclocity manifestent, le 25 octobre à Paris.
Des salariés de Cyclocity manifestent, le 25 octobre à Paris. © Maxppp - Aurélien Morissard - IP3 PRESS

La fin du contrat Vélib' s'annonce compliquée pour les usagers des vélos en libre-service. Après une nouvelle déception judiciaire, les salariés de Cyclocity ont entamé mardi une grève illimitée pour obtenir enfin des garanties sur leur avenir à court terme.

Dans un mois et demi, ils n'auront plus de travail. L'échéance du 31 décembre 2017 approche, et l'horizon des 267 personnes qui assurent le service Vélib' depuis dix ans s'assombrit chaque jour un peu plus. Ce mardi, le tribunal de grande instance de Nanterre a refusé de se prononcer sur la question du transfert des contrats de travail de Cyclocity vers le futur exploitant du réseau, Smoovengo. La demande, formulée par plusieurs instances représentatives (CE, CHSCT, syndicats), a été jugée irrecevable car seuls les salariés -et non leurs représentants- pourraient saisir la justice pour cette revendication. Une absence de jugement sur le fond qui n'arrange personne, et surtout pas des travailleurs de plus en plus inquiets. Une angoisse mêlée de colère : les syndicats ont décidé de lancer une grève illimitée avec occupation du siège de Cachan (92) et des trois principaux dépôts. Le but : paralyser le service pour faire pression sur la ville de Paris et le Syndicat mixte Autolib' Vélib' Métropole (SMAVM).

Le dépôt Vélib' de Saint-Denis bloqué par des grévistes ce mercredi matin (image fournie par les salariés). - Aucun(e)
Le dépôt Vélib' de Saint-Denis bloqué par des grévistes ce mercredi matin (image fournie par les salariés). -

Près de 400€ de moins chez Smoovengo

Les salariés ne sont pas tendres à l'égard d'une municipalité qu'ils tiennent pour responsable de la situation. Curieusement absent du texte de l'appel d'offres décroché par Smoovengo au printemps dernier, ce volet social est en train d'empoisonner la période de transition. Smoovengo recrute 300 personnes en CDI mais refuse toujours de prendre en compte les différentes primes et l'ancienneté des salariés de JCDecaux. Ceux qui se sont renseignés parlent d'un manque à gagner de 300 à 400€ mensuels. Inacceptable pour ces travailleurs qualifiés et expérimentés.

On a été trop gentils, maintenant s'il faut casser on va casser, explique l'un des délégués syndicaux.

Fouad Lastate, délégué CGT à Cyclocity.

Une sortie par la négociation ?

Les grévistes demandent la tenue d'une réunion d'urgence entre toutes les parties, pour tenter de trouver un compromis. Une table ronde justement promise jeudi dernier en séance par la présidente du SMAVM, Catherine Baratti-Elbaz. Mais le syndicat s'est discrètement rétracté le lendemain : la réunion n'aura pas lieu, pour des "questions d'agenda". Un revirement qui passe pour du mépris auprès des salariés. Ces derniers aimeraient aussi connaître les détails du plan social, qui semble désormais inévitable. Le groupe JCDecaux a convoqué un comité d'entreprise extraordinaire pour ce jeudi, afin d'évoquer "toutes les options". Mais le géant de l'affichage ne s'est pas encore résigné à licencier les équipes de Cyclocity. Il entend d'abord faire appel du jugement de Nanterre.